Rechercher
Rechercher

Actualités

Golfe Les femmes de Bahreïn victimes de l’islamisme et du machisme

Les femmes de Bahreïn, victimes de l’islamisme et du machisme, luttent pour l’adoption d’un code du statut personnel, qui les protégerait de l’arbitraire des tribunaux islamiques. Majida, 32 ans, répudiée après 12 ans de mariage, a été privée de ses enfants et expulsée de son domicile par un juge islamique qui, faute de code du statut personnel, a la haute main sur les affaires matrimoniales. Deux tribunaux islamiques jugent séparément les affaires matrimoniales (mariage, divorce, garde d’enfants et héritage) des communautés chiite et sunnite, selon la charia. Les activistes bahreïnies comme Majida, ont fait de l’adoption d’un code du statut personnel leur cheval de bataille. Leur longue lutte a finalement trouvé un écho favorable auprès du gouvernement qui, sous l’impulsion du Conseil supérieur de la femme dirigé par la Première dame de Bahreïn, cheikha Sabika al-Khalifa, a mis au point un projet de loi. Le projet reste pourtant confronté à l’opposition des hommes de religion, notamment chiites. Ils ont organisé récemment des manifestations qui ont rassemblé des milliers de personnes pour protester contre le projet de loi. « Il est inconcevable qu’au XXIe siècle un pays n’ait pas de code du statut personnel », dénonce l’activiste Ghada Jamchir, qui dirige un comité de femmes militant en faveur de ce projet de loi. « Les hommes de religion s’y opposent parce qu’il limitera leur pouvoir. Si le projet est adopté, ils ne pourront plus rendre leurs verdicts selon leur convenance », déclare Mme Jamchir à l’AFP. Une activiste islamiste chiite, Afaf al-Jamri, s’est également jointe aux appels réclamant une loi sur le statut personnel. « Ce code est une nécessité, c’est une demande primordiale pour les femmes », affirme ce membre de l’association de l’Entente nationale islamique (ENAI), principal groupe de l’opposition chiite. « De nombreuses femmes bahreïnies vivent une tragédie. Dans certains quartiers, on compte jusqu’à quatre femmes répudiées et jetées à la rue, leur ancien époux ayant pris une épouse plus jeune après 30 ans de mariage », affirme-t-elle. « Les juges tergiversent pendant des années avant de leur accorder une pension. Après des années de souffrance, elles obtiennent la somme dérisoire de 30 dinars (80 USD) par enfant », dénonce Mme Jamri. « La jurisprudence islamique doit être revue et modernisée. Je ne parle pas du texte du Coran, mais des fatwas introduites par les hommes », ajoute-t-elle. « Un fonds de pension gouvernemental a été créé récemment pour verser une allocation à l’épouse abandonnée en attendant le jugement du tribunal islamique », explique Mariam al-Roueï, favorable au code du statut personnel. « Un amendement introduit récemment à la loi permet, à la demande du couple, d’inscrire le domicile au nom des deux époux et plus seulement à celui du mari », ajoute Mme Roueï. La revendication initiale des Bahreïnies était la promulgation d’une loi unique pour les sunnites et les chiites. Mais face à l’opposition chiite, le projet gouvernemental contient deux volets. « Nous voulions une loi unique car nous appartenons à la même religion : l’islam », plaide Mme Jamchir. « Je ne veux pas que mes sœurs chiites continuent à souffrir, car leurs tribunaux retirent aux mères la garde des garçons à 7 ans et celle des filles à 9 ans », souligne-t-elle. Les mères sunnites divorcées obtiennent la garde de leurs filles jusqu’à leur mariage et de leurs garçons jusqu’à leur majorité. Les dignitaires de la communauté chiite, majoritaire à Bahreïn, mais qui ne détient pas le pouvoir, n’ont pas donné leur aval au projet de loi sur le statut personnel. Ils réclament un amendement de la Constitution, qui engagerait le gouvernement à ne jamais amender la loi, craignant l’introduction de clauses contraires à leur propre interprétation de la charia. Lamia RADI (AFP)
Les femmes de Bahreïn, victimes de l’islamisme et du machisme, luttent pour l’adoption d’un code du statut personnel, qui les protégerait de l’arbitraire des tribunaux islamiques.
Majida, 32 ans, répudiée après 12 ans de mariage, a été privée de ses enfants et expulsée de son domicile par un juge islamique qui, faute de code du statut personnel, a la haute main sur les affaires matrimoniales.
Deux tribunaux islamiques jugent séparément les affaires matrimoniales (mariage, divorce, garde d’enfants et héritage) des communautés chiite et sunnite, selon la charia.
Les activistes bahreïnies comme Majida, ont fait de l’adoption d’un code du statut personnel leur cheval de bataille. Leur longue lutte a finalement trouvé un écho favorable auprès du gouvernement qui, sous l’impulsion du Conseil supérieur de la...