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PÉTROLE L’OPEP dépourvue face au dernier accès de fièvre du baril

L’OPEP a assuré faire son maximum pour freiner les cours du pétrole, de nouveau à deux doigts de leurs plafonds historiques, réaffirmant que cette flambée est liée à des facteurs « psychologiques » et non à des problèmes d’approvisionnement. Le président de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), le Nigérian Edmund Daukoru, l’a largement répété lors de la conférence pétrolière à laquelle il assistait hier à Paris : le marché est « bien approvisionné ». Selon lui, la récente remontée des cours à des niveaux proches des records historiques de septembre dernier est due à des « facteurs irrationnels », voire « essentiellement psychologiques ». Outre les incertitudes géopolitiques qui affectent les zones productrices comme son propre pays, le Nigeria, l’Irak ou encore l’Iran, il a mentionné la peur que suscite l’approche de la saison des ouragans dans le golfe du Mexique. Les ravages occasionnés l’été dernier par les cyclones Rita et Katrina dans les installations pétrolières américaines avaient propulsé le cours du brut au niveau record de 70,85 dollars le baril à New York. Hier, il s’échangeait autour de 67 dollars le baril, en nette baisse sur la foi d’assurances de M. Daukoru et du groupe Shell qu’un important champ offshore pourrait reprendre ses activités « au début de la semaine prochaine ». Interrogé sur ce que pouvait faire l’OPEP pour empêcher les cours de repasser au-dessus de 70 dollars le baril, M. Daukoru a répondu : « Nous faisons ce que nous savons faire de mieux, c’est-à-dire de construire de nouvelles capacités de production. » Le cartel réduit habituellement sa production au printemps pour s’adapter au recul de la demande qui suit la fin de l’hiver dans l’hémisphère Nord et éviter un trop important repli des cours du brut. Mais la forte demande en provenance d’Asie et les graves troubles qui se sont produits dans certains pays producteurs ont quelque peu changé la donne depuis deux ans et tout laisse à penser que le cartel va passer son tour cette année à nouveau. « Si les cours restent à ce niveau, je ne vois pas de baisse » du quota de production du cartel, actuellement fixé à 28 millions de barils par jour (mbj), a souligné M. Daukoru hier. De fait, pour ceux de ses membres qui produisent sans entrave, la situation est quasi idéale puisqu’elle leur assure d’exceptionnelles recettes financières. L’OPEP va aussi se réunir informellement en marge du Forum international de l’énergie prévu les 22-24 avril à Doha, mais pour de simples consultations, a indiqué M. Daukoru. La prochaine réunion formelle du cartel est prévue le 1er juin à Caracas. Également présent à la conférence, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie, Claude Mandil, a admis que le marché était effectivement bien approvisionné, mais jugé les cours « très élevés » au point d’être « insupportables pour certains pays », et de plus extrêmement volatils. Il a appelé l’OPEP à restaurer son « coussin de sécurité », c’est-à-dire la marge de production excédentaire qui permet de faire face aux perturbations que peut connaître un pays producteur (ce qui rassure les marchés et atténue donc la volatilité), ainsi qu’à investir davantage et à intensifier le dialogue avec les pays consommateurs. Il a aussi appelé ces derniers à se montrer plus réactifs face à cette nouvelle situation : « Quand les cours sont élevés, c’est vraiment le moment d’économiser l’énergie », a-t-il dit. M. Daukoru a, de son côté, insisté lors de la conférence sur le fait que la transparence fonctionnait dans les deux sens et souligné que nombre de projets dans le secteur demeuraient suspendus en l’absence de prévisions fiables sur la demande de pétrole à venir.
L’OPEP a assuré faire son maximum pour freiner les cours du pétrole, de nouveau à deux doigts de leurs plafonds historiques, réaffirmant que cette flambée est liée à des facteurs « psychologiques » et non à des problèmes d’approvisionnement.
Le président de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), le Nigérian Edmund Daukoru, l’a largement répété lors de la conférence pétrolière à laquelle il assistait hier à Paris : le marché est « bien approvisionné ».
Selon lui, la récente remontée des cours à des niveaux proches des records historiques de septembre dernier est due à des « facteurs irrationnels », voire « essentiellement psychologiques ».
Outre les incertitudes géopolitiques qui affectent les zones productrices comme son propre pays, le Nigeria, l’Irak ou encore l’Iran,...