Highbury n’a que quelques semaines à vivre, mais il a eu le temps de se trouver un nouveau roi en Cesc Fabregas, qui, la veille, a repris le sceptre des mains de Patrick Vieira avec le succès d’Arsenal sur la Juventus Turin (2-0).
L’international français méditera longtemps sur le temps qui passe. Vieira est resté neuf saisons à Arsenal, neuf saisons de bonheur avant d’aborder cet été les rivages italiens pour essayer d’y conquérir enfin un trophée européen. Mais l’auréole du Français est apparue bien pâle devant celle de Fabregas.
Le trône était depuis longtemps promis au jeune Espagnol, qui n’avait que neuf ans quand Vieira est arrivé à Arsenal. Encore devait-il s’en emparer. Pas intimidé face au père, Fabregas a étalé sa classe et saisi sa chance pour son premier quart de finale européen.
Francesc Fabregas Soler, né le 4 mai 1987 à Areynis de Mar, a guidé Arsenal avec la même autorité que Vieira le faisait autrefois. Une autorité simplement plus axée sur la justesse technico-tactique que sur le volume physique. Son but et sa passe décisive n’ont qu’ajouté une touche supplémentaire à un match déjà plein.
« J’essaye toujours de donner le meilleur de moi-même, pas seulement quand je joue contre Patrick Vieira, rappelait l’Espagnol. Je me sens vraiment bien. Chaque jour, je sens que je deviens meilleur. J’aime jouer contre les meilleurs joueurs du monde. Ce soir, c’était une grande expérience pour moi. »
Convictions
« Nous jouons dans un système qui marche très bien en Europe et nous évoluons en pleine confiance, moi le premier, ajoutait-il. Nous travaillons très dur à l’entraînement et donnons le meilleur de nous-mêmes à chaque match. La clé, c’est que chacun joue pour l’équipe. » Le 4-5-1 employé la veille sied au mieux à Fabregas, transfiguré depuis sa première sélection senior avec l’Espagne, le 1er février. Le meilleur buteur et joueur du championnat du monde des moins de 17 ans en 2003, ensuite chipé par Arsenal au FC Barcelone, y exprime au mieux sa vision du jeu, son toucher de balle.
« Je suis vraiment très heureux d’avoir pris la décision de quitter Barcelone et ma famille si jeune pour venir à Arsenal », avouait le jeune homme. Des mots qui doivent faire chaud au cœur d’Arsène Wenger. Le manageur des « Gunners » n’a été épargné ni par les doutes ni par les critiques quand il a libéré Vieira.
Le Français avait estimé que la présence de son ancien capitaine retarderait l’éclosion de Fabregas. Vieira ayant exprimé son désir de partir, il choisit de ne pas le retenir, ce risque dût-il se retourner contre lui si la jeunesse avait trop tardé à s’affirmer.
« L’objectif ce soir n’était pas de justifier la vente de Patrick Vieira, assurait-il. C’est un joueur exceptionnel et vous ne perdez jamais quelqu’un comme ça sans souffrir. Mais une nouvelle équipe est née, c’est le football. » Secrètement, Wenger pouvait tout de même savourer le triomphe de ses convictions.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats