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Actualités - Opinion

La classe politique suit de près le parcours de Aoun

Il a été décidé de maintenir un contact étroit entre des députés du 14 Mars, appartenant notamment à la Rencontre démocratique, et le Courant patriotique libre, dans la perspective d’une entente autour de dénominateurs communs. Cela bien que de temps à autre le général Michel Aoun tire à boulets rouges sur des pôles de ce camp. Les députés rappellent les positions historiques du général, depuis son séjour à Baabda jusqu’aux derniers instants de son exil parisien. Positions qui en avaient fait l’un des moteurs du mouvement du 14 Mars. Mais, relèvent ces sources, à partir de son retour, de ses victoires électorales, il a semblé changer de trajectoire, aller à l’encontre de ses devises initiales, devenant bien plus proche du 8 que du 14 Mars. Selon ces personnalités, le général a provoqué de la sorte un déséquilibre sur la scène locale, modifiant les équations et rendant bien plus difficile la solution de la crise dite de la présidence, en retardant, toujours selon ces sources, le changement d’un régime qui a porté gravement préjudice au pays, notamment dans le domaine économique, financier et de développement. Il y a eu blocage, alors que l’on attendait un nouveau régime ouvrant la voie au redressement, tout en harmonisant la scène intérieure et en établissant de saines relations, basées sur le respect de la souveraineté, avec la Syrie. À ce propos, le général Aoun avait été le premier à déclarer une guerre de libération, en soulignant que ce n’est pas lui qui attaquait la Syrie, mais la Syrie qui agressait le Liban. Il avait joué un rôle dans la confection de la 1559 qui avait abouti au retrait militaire syrien, avec le concours du mouvement du 14 Mars et à cause de l’assassinat du président Rafic Hariri. Après quoi, le général Aoun avait estimé que la Syrie n’avait plus de rôle, plus d’intervention, plus d’influence au Liban. Ce que les autres forces du 14 Mars ne pensaient pas du tout, soulignant que la présence politique syrienne perdurait à travers les alliés de Damas, comme à travers les résidus du système policier et de renseignements. Ces députés soulignent que très souvent un pays occupant qui se retire garde des réseaux locaux, comme ce fut le cas pour les anciens colonisateurs, comme la France et l’Angleterre, ou pour le bloc soviétique dans les pays de l’Est européen. Le général Aoun comptait parmi ceux qui soutenaient que la prorogation du mandat du président Lahoud était contraire à la Constitution, annonçant même que le chef de l’État n’irait pas au bout de son terme rallongé. Or il a changé de cap et d’avis, soutenant que la majorité parlementaire qui avait avalisé la prorogation l’avait en même temps légitimé et légalisé. Il n’admet plus dès lors l’éviction, sauf s’il y a entente sur le successeur, sous prétexte qu’autrement ce serait le saut dans l’inconnu et le vide au niveau du pouvoir. Or le statu quo signifie qu’à cause du conflit au sein de ce même pouvoir entre le président Lahoud et le gouvernement, c’est la paralysie et la mise en péril des réformes nécessaires au redressement économique ainsi qu’à la réussite de Beyrouth I. L’issue que Aoun propose, c’est la formation d’un cabinet de géants ou, à défaut, l’organisation d’élections législatives anticipées. Mais la mise sur pied d’un tel gouvernement est difficile. Et de plus, dangereuse pour le pays. Car les conflits potentiels entre des dirigeants appartenant tous au premier rang signifieraient qu’il n’y aurait pas de solution de rechange, en cas d’éclatement. Quant aux élections anticipées, elles ne sont pas possibles, et cela pour deux raisons. D’abord parce que l’on est encore loin, dans le temps, d’un accord sur une loi électorale équilibrée, à preuve les frictions au sein de la commission chargée d’élaborer ce texte. La deuxième raison est que la majorité parlementaire actuelle n’accepte évidemment pas de se dissoudre, alors que la Chambre n’a même pas un an d’âge. Sur un autre plan, le général Aoun avait mis en garde, dans son premier discours de député, contre la persistance d’îlots d’insécurité. Il avait prié le gouvernement d’indiquer quelles superficies Israël occupait encore. Et, après en avoir reçu la réponse, il avait demandé avec insistance le désarmement des Palestiniens hors des camps et l’organisation de leur armement à l’intérieur. Le général Aoun était le tout premier à exiger qu’il n’y ait d’armes qu’aux mains de la seule légalité, allant jusqu’à affirmer qu’il ne dialoguera pas avec un parti portant les armes. Car il ne peut y avoir d’État digne de ce nom, fort, avec des armes ailleurs et de mini-États dans le pays. Mais, comme on sait, il s’est finalement entendu avec le Hezbollah pour que cette formation garde son arsenal jusqu’à l’élimination de l’occupation et du danger israéliens. Le débat sur l’armement du Hezb devant se dérouler dans le cadre d’une stratégie défensive pour le Liban. Émile KHOURY
Il a été décidé de maintenir un contact étroit entre des députés du 14 Mars, appartenant notamment à la Rencontre démocratique, et le Courant patriotique libre, dans la perspective d’une entente autour de dénominateurs communs. Cela bien que de temps à autre le général Michel Aoun tire à boulets rouges sur des pôles de ce camp. Les députés rappellent les positions historiques du général, depuis son séjour à Baabda jusqu’aux derniers instants de son exil parisien. Positions qui en avaient fait l’un des moteurs du mouvement du 14 Mars. Mais, relèvent ces sources, à partir de son retour, de ses victoires électorales, il a semblé changer de trajectoire, aller à l’encontre de ses devises initiales, devenant bien plus proche du 8 que du 14 Mars. Selon ces personnalités, le général a provoqué de la sorte un...