Les premières élections législatives au Qatar, prévues en principe en 2007, mobilisent déjà les femmes qui se sont frayées un chemin dans la vie politique de cette monarchie conservatrice du Golfe.
« Plus de 120 femmes se sont inscrites à un programme de formation en matière d’organisation de scrutins et de financement des campagnes électorales », qui commence en avril et dure huit mois, a déclaré à l’AFP le vice-président de la commission électorale permanente, cheikh Khaled ben Jaber al-Thani. « Nous encourageons les femmes à participer aux élections » pour entrer au Majlis al-Choura (conseil consultatif), dont les deux tiers de ses 45 membres seront, pour la première fois, élus au suffrage universel direct, a-t-il ajouté.
Le principe d’un Parlement partiellement élu a été institué par la Constitution du Qatar, entrée en vigueur en juin 2005 après son adoption par référendum en avril 2003, et qui confirme le droit de vote et d’éligibilité accordé aux femmes par un décret de l’émir, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani.
Les femmes avaient voté pour la première fois au Qatar en mars 1999, aux élections municipales. Mais après l’échec de leurs six candidates à siéger au sein de l’unique conseil municipal du pays, une seule femme, Shaikha Youssef al-Jiffri, s’est présentée aux municipales de 2003. Depuis, elle est devenue la première femme membre du conseil municipal de Doha.
Passée « la psychose de l’échec » après l’expérience de 1999, « les femmes sont de plus en plus nombreuses à manifester leur intention de se porter candidates » au scrutin municipal d’avril 2007 et aux élections législatives, selon cheikh Khaled.
Un éventuel recours à un système de quotas assurant une présence des femmes au Majlis al-Choura est évoqué au Qatar, où plusieurs femmes ont été nommées ces dernières années à la tête d’institutions officielles importantes, dont une ministre, sous l’impulsion de l’émir. Ce dernier a engagé son pays sur la voie de l’ouverture politique depuis son accession au pouvoir en 1995.
Un tel système de quotas est défendu par Mozah al-Maliki, l’une des six candidates malheureuses aux municipales de 1999. « Sinon, les femmes ne seront pas en mesure d’entrer au Parlement », a-t-elle averti lors d’un débat organisé le 8 mars à Doha à l’occasion de la Journée internationale des femmes.
« Nous vivons dans une société dominée par l’homme », a constaté Mme Maliki, témoignant d’un état d’esprit prévalant encore chez les femmes.
« Je constate une forte volonté des femmes à vivre l’expérience » des prochaines élections, a néanmoins souligné à l’AFP Shaikha al-Jiffri, exhortant les autres femmes à « briser le mur des appréhensions » pour retrouver confiance dans leur capacité à se mesurer à l’homme. « Je suis convaincu que la femme sera représentée au prochain Majlis al-Choura », a assuré le vice-président de la commission électorale.
Le premier scrutin parlementaire au Qatar, attendu depuis 2004, doit se tenir « en 2007 au plus tard », avait affirmé en juin dernier le ministre qatari des Affaires étrangères, cheikh Hamad ben Jassem al-Thani. « Les autorités compétentes s’emploient à élaborer une loi électorale et une loi sur les circonscriptions électorales », a indiqué Youssef Abidane, ancien membre de la commission de rédaction de la Constitution.
Sans être en mesure d’avancer une date pour la promulgation de ces textes, il s’est dit « confiant que l’émir est soucieux d’assurer le principe de la démocratie et de la participation populaire » à la vie politique.
Aux municipales de 2003, le taux de participation était de 37,7 % sur 24 125 inscrits, dans un pays qui compte une population autochtone d’environ 174 000 personnes sur un total d’environ 750 000 habitants.
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« Plus de 120 femmes se sont inscrites à un programme de formation en matière d’organisation de scrutins et de financement des campagnes électorales », qui commence en avril et dure huit mois, a déclaré à l’AFP le vice-président de la commission électorale permanente, cheikh Khaled ben Jaber al-Thani. « Nous encourageons les femmes à participer aux élections » pour entrer au Majlis al-Choura (conseil consultatif), dont les deux tiers de ses 45 membres seront, pour la première fois, élus au suffrage universel direct, a-t-il ajouté.
Le principe d’un Parlement partiellement élu a été institué par la...