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Actualités - Chronologie

Les enseignants dans la ligne de mire des tueurs

Hier matin, un jeune kamikaze yéménite est entré dans la cour d’une école à Bagdad avec une ceinture d’explosifs. Le garde l’a remarqué, s’est jeté sur lui et a pu le maîtriser avant un carnage. « Nous avons évité une catastrophe », a affirmé, soulagé, le ministre de l’Éducation. D’autres ont eu moins de chance. Un matin de la fin septembre, dix hommes déguisés en policiers ont investi l’école de la petite localité à Mouwalha, au sud de Bagdad. Ils ont contraint les cinq instituteurs à les suivre dans la cour et les ont froidement exécutés. Ils sont ainsi plus de 400 enseignants, universitaires et employés du ministère de l’Éducation à avoir été tués en Irak, pays où le système éducatif fut longtemps considéré comme un des plus performants du monde arabe. Entre octobre 2005 et février 2006, 310 enseignants du primaire et secondaire et des fonctionnaires de l’Éducation ont été tués et 160 autres ont été blessés, selon le ministre de l’Éducation Abdel Falah Hassan. Durant la même période, 64 élèves ont été tués et 57 blessés, essentiellement dans la province sunnite rebelle d’al-Anbar (Ouest). En outre, plus de 400 écoles sur les 20 000 que compte le pays ont été attaquées et une bonne partie d’entre elles fermées, notamment dans les provinces sunnites du Nord et de l’Ouest, où la rébellion est active. Les universités ne sont pas non plus à l’abri. Depuis la chute du régime de Saddam Hussein, 94 professeurs d’université, 20 employés du ministère de l’Enseignement supérieur et une dizaine d’étudiants ont été tués, alors que 25 enseignants ont été kidnappés, selon le porte-parole du ministère Bassel al-Khatib. En outre, selon le président de la Ligue des enseignants irakiens, Issam al-Raoui, craignant pour leur vie, plus de 2 000 universitaires ont quitté l’Irak. Difficile de connaître les motivations des assassins. En tout cas, selon Mohammad Hanoun, porte-parole du ministère de l’Éducation, peu de meurtres d’enseignants sont motivés par de mauvaises notes accordées aux élèves. Alors les supputations vont bon train. M. Raoui accuse pêle-mêle « les forces américaines, les milices et les partis politiques venus avec elles pour détruire le pays ». Selon lui, l’autre motivation est « confessionnelle ». Elle est « l’œuvre de partis politiques qui veulent créer la zizanie dans la population ». Pour sa part, M. Khatib estime que « les auteurs peuvent être des criminels à la recherche de rançons ou des terroristes liés à des parties étrangères qui veulent détruire l’Irak ». « Quand je quitte la maison pour me rendre à l’école, la peur m’assaille. Je sens qu’à tout moment je peux mourir », affirme Rabab Namir, 30 ans, professeur d’histoire. « Je crains aussi pour mon mari qui enseigne les mathématiques. Beaucoup de nos collègues ont été assassinés ou ont reçu des menaces les contraignant à abandonner leur mission », ajoute cette mère de trois enfants. « Pourquoi les terroristes s’en prennent à ceux qui forment des enfants ? Pourquoi ne s’en prennent-ils pas aux Américains ? » demande cette enseignante. « Qui peut empêcher des gens armés d’investir une école, d’enlever ou de tuer des écoliers ou des enseignants ? » a affirmé Mohammad Hamdani, chargé de la protection d’une école de Salhiyah, au centre de Bagdad, mais qui ne possède qu’un bâton et aucune arme à feu pour défendre l’établissement. Selon M. Khatib, la garde a été renforcée autour et dans les universités et une protection a été accordée aux professeurs les plus prestigieux. En outre, tout universitaire qui se sent menacé peut obtenir un permis de port d’arme. « Mais, convient-il, c’est impossible de protéger tous les enseignants. Même les policiers et les soldats qui sont pourtant armés se font assassiner. » Ammar KARIM (AFP)
Hier matin, un jeune kamikaze yéménite est entré dans la cour d’une école à Bagdad avec une ceinture d’explosifs. Le garde l’a remarqué, s’est jeté sur lui et a pu le maîtriser avant un carnage. « Nous avons évité une catastrophe », a affirmé, soulagé, le ministre de l’Éducation.
D’autres ont eu moins de chance. Un matin de la fin septembre, dix hommes déguisés en policiers ont investi l’école de la petite localité à Mouwalha, au sud de Bagdad. Ils ont contraint les cinq instituteurs à les suivre dans la cour et les ont froidement exécutés.
Ils sont ainsi plus de 400 enseignants, universitaires et employés du ministère de l’Éducation à avoir été tués en Irak, pays où le système éducatif fut longtemps considéré comme un des plus performants du monde arabe.
Entre octobre 2005 et...