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Somalie Les missions humanitaires placées sous haute protection armée

Deux hommes armés montent la garde dans le 4x4 de Médecins sans frontières (MSF), un véhicule sans immatriculation. En Somalie, plongée dans le chaos depuis 15 ans, les rares expatriés humanitaires doivent déroger à certains de leurs principes pour leur sécurité. « C’est la seule mission que je connaisse où l’on se déplace avec des gardes armés », explique Mariano Lugli, un infirmier de MSF basé à Dinsor, dans le sud de la Somalie. « Tous les gens ici sont armés, c’est un moyen dissuasif pour se protéger », complète une de ses collègues, Marie Clarisse. Au total, 15 hommes armés protègent l’équipe de MSF à Dinsor, qui compte 6 expatriés. « On loue aussi les voitures sur place, ce qui est exceptionnel pour MSF. Il est très difficile d’amener nos voitures en Somalie, notamment pour des raisons de sécurité », ajoute le chef de la mission à Dinsor, Stefan Pleger. Dans cette localité de moins de 20 000 habitants, entourée de collines que l’on devine dans la brume de chaleur, des adolescents se promènent avec des AK-47 (Kalachnikov) sur l’épaule. Les coups de feu sont quotidiens. Plusieurs bâtiments, sans toits, les murs criblés de balles et mangés par les acacias, témoignent des combats d’il y a plusieurs années. Le seul hôpital de la région, géré par MSF depuis 2002, est gardé jour et nuit par des hommes armés, qui confisquent les armes et les couteaux des visiteurs. Beaucoup d’hommes ici ont l’habitude de marcher avec leur arme. « Ce n’est pas facile de travailler en Somalie. Le pays est infesté de milices », explique Pascal Hundt, chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui, contrairement à MSF, n’a pas d’expatriés basés dans le pays. Le manuel de sécurité de MSF en Somalie détaille les conduites à tenir en cas de kidnappings, de coups de feu, de tentatives d’assassinat et de viols. À deux reprises au cours des cinq derniers mois, MSF, qui a la plus forte présence d’expatriés en Somalie, a dû évacuer provisoirement tout ou partie de son personnel international à Dinsor. La dernière évacuation remonte à début février quand des hommes armés ont bloqué l’entrée de l’hôpital, car l’un de leurs proches n’a pas été retenu pour travailler pour MSF. L’insécurité limite aussi énormément les déplacements. « Tout mouvement doit être réfléchi. Ces derniers jours, il y avait des tensions entre deux clans au sujet d’un mariage. On ne se déplace pas en dehors de la ville, le temps que le calme revienne », explique un consultant somalien de MSF, Fayçal Hussein.
Deux hommes armés montent la garde dans le 4x4 de Médecins sans frontières (MSF), un véhicule sans immatriculation. En Somalie, plongée dans le chaos depuis 15 ans, les rares expatriés humanitaires doivent déroger à certains de leurs principes pour leur sécurité. « C’est la seule mission que je connaisse où l’on se déplace avec des gardes armés », explique Mariano Lugli, un infirmier de MSF basé à Dinsor, dans le sud de la Somalie. « Tous les gens ici sont armés, c’est un moyen dissuasif pour se protéger », complète une de ses collègues, Marie Clarisse. Au total, 15 hommes armés protègent l’équipe de MSF à Dinsor, qui compte 6 expatriés. « On loue aussi les voitures sur place, ce qui est exceptionnel pour MSF. Il est très difficile d’amener nos voitures en Somalie, notamment pour des raisons de...