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Actualités - Opinion

Du côté de la présidentielle, c’est le blocage

Nul ne sait quand le président Émile Lahoud va partir. Si jamais il part, car il s’accroche. Sans accorder d’attention à la manifestation du million qui, le 14 février, lui a demandé, encore une fois, de quitter. Ni à la pétition populaire, dite également du million. Il sait en effet que les forces du 14 Mars ne peuvent l’évincer, malgré leur détermination, par les voies légales et constitutionnelles. Car elles ne disposent pas des deux tiers des voix à la Chambre. Le même quota étant requis, d’ailleurs, pour assurer le quorum lors d’une séance qui serait consacrée à l’élection d’un remplaçant. Ces forces s’interdisent, par ailleurs, le recours à un soulèvement populaire. Elles sont donc impuissantes, quoi qu’elles clament. D’autant que l’intéressé reste, jusqu’à nouvel ordre, soutenu par les forces du 8 Mars ainsi que, plus indirectement, par les aounistes. Or le maintien du statu quo signifie que le pays va continuer à baigner dans l’instabilité politique et l’inquiétude économique, à l’ombre d’un gouvernement et d’un chef de l’État qui ne parviennent pas à coexister et continuent de se lancer des tomates à la tête. Cette situation empêche les réformes et compromet Beyrouth I, conférence des donateurs pour le redressement. Or c’est une dernière chance qui s’offre au Liban, après qu’il eut raté Paris II, à cause des obstructions, des querelles entre gens du pouvoir. La dette a grimpé, tandis que le taux de croissance baissait. Les organismes économiques ne cessent de pousser les hauts cris, mettant en garde contre les conséquences d’un éventuel échec du dialogue. Les investisseurs et les capitaux prennent du recul. Certains proposent la formation d’un cabinet d’union nationale du premier rang. C’est possible sur le papier, mais seulement si les pôles parviennent à s’entendre sur tous les points pour être en mesure de produire une déclaration ministérielle qui ait un sens. Et pour en garantir l’exécution. Par contre, la formule n’est pas du tout envisageable s’il n’y a pas accord préliminaire. Parce qu’un gouvernement formé de leaders ne peut pas se déchirer ou se disloquer sans perte grave pour le pays. Ce qui n’est pas le cas avec un gouvernement composé de simples représentants des chefs, et que l’on peut changer sans trop de mal. Cependant, des parlementaires de la majorité continuent à soutenir que la solution passe d’abord par une entente sur un montage permettant d’évincer le président Émile Lahoud. C’est-à-dire, en pratique, par une entente sur son successeur. Ils estiment qu’il est impossible de continuer encore un an et demi avec un gouvernement coincé dans ses relations avec le président de la République et, de plus, divisé entre des fractions adverses. Et il n’est pas possible, pour le moment, dans un tel climat de tension, de former un autre cabinet. Mais est-ce qu’il est, par contre, possible de s’entendre sur un candidat, ou sur plusieurs, pour l’élection présidentielle ? Les forces du 14 Mars ont la majorité, mais les forces du 8 et leurs alliés disposent d’une vraie minorité de blocage. Elles font donc pratiquement jeu égal, se neutralisent. Ce qui conforte l’hôte actuel de Baabda. Car le statu quo, c’est son rêve, c’est tout ce qu’il demande. On entend ainsi les minoritaires affirmer que le choix d’un nouveau président passe par l’accord du Hezbollah, d’Amal et des aounistes. Sans quoi le président Lahoud pourrait terminer sans encombre ses dix-huit mois. Ils avouent cependant que les choses seraient différentes si la Syrie acceptait de larguer ce président dont elle a imposé la prorogation. Mais la majorité voudrait-elle payer à la Syrie le prix qui serait réclamé ? Cela semble douteux. Émile KHOURY
Nul ne sait quand le président Émile Lahoud va partir. Si jamais il part, car il s’accroche. Sans accorder d’attention à la manifestation du million qui, le 14 février, lui a demandé, encore une fois, de quitter. Ni à la pétition populaire, dite également du million. Il sait en effet que les forces du 14 Mars ne peuvent l’évincer, malgré leur détermination, par les voies légales et constitutionnelles. Car elles ne disposent pas des deux tiers des voix à la Chambre. Le même quota étant requis, d’ailleurs, pour assurer le quorum lors d’une séance qui serait consacrée à l’élection d’un remplaçant. Ces forces s’interdisent, par ailleurs, le recours à un soulèvement populaire. Elles sont donc impuissantes, quoi qu’elles clament. D’autant que l’intéressé reste, jusqu’à nouvel ordre, soutenu par...