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Actualités - Opinion

Un « non-lieu » en faveur de la Syrie est-il concevable ?

Tout le monde aura noté la discrétion dont le nouveau président de la commission internationale d’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri, Serge Brammertz, s’entoure, en contraste absolu avec la médiatisation à outrance de la phase de l’enquête prise en charge par son prédécesseur, Detlev Mehlis. Mais le juge belge, si discret que certains ont pensé que l’enquête s’était arrêtée, va faire parler de lui très bientôt. En effet, il doit remettre un premier rapport d’enquête le 12 mars, dans lequel il rendra compte de ce qui a été est accompli depuis qu’il a pris en charge le dossier, que ce soit sur le plan judiciaire ou administratif, et notamment sa visite à Damas, où il a rencontré le ministre syrien des AE, Rafic el-Mouallem. Il devra se prononcer, en particulier, sur le degré de coopération de la Syrie avec l’enquête internationale, une évaluation dont tiendra compte le Conseil de sécurité de l’ONU, dans son rapport d’étape. M. Brammertz devrait également se prononcer, dans son rapport, sur les demandes de remise en liberté présentées par les avocats des quatre généraux incarcérés. Les conclusions du magistrat belge dépendraient, selon ces sources, de l’interrogatoire des accusés syriens, et en particulier de celui de Mohammad Zouheir Siddiq, dont les autorités françaises viennent d’ordonner la libération et le placement sous surveillance, sous protection policière française. Le président de la commission d’enquête devra évaluer la véracité de la première déposition de Siddiq et les raisons pour lesquelles il s’est rétracté. Il devra notamment dire s’il a véritablement cherché à induire en erreur la commission d’enquête et qui l’a poussé à le faire. Un voyage en France, pour interroger Siddiq, est donc à l’ordre du jour pour Brammertz, qui se ferait accompagner de juges libanais, dit-on. Si le magistrat doit interroger Siddiq, ainsi que deux autres témoins qui se sont rétractés, Houssam Houssam et Lou’ay Assaka, c’est pour essayer de savoir si la piste intégriste est crédible. Selon certaines sources, Assaka serait un agent d’el-Qaëda. L’homme a affirmé qu’on lui a promis de l’argent en échange d’un faux témoignage incriminant le général Assef Chawkat dans l’assassinat de Rafic Hariri. Mais toutes les tentatives, toutes les rumeurs visant à détourner l’attention des enquêteurs de la piste syrienne ont, jusqu’à présent, échoué, affirme des sources politiques. Cet avis est partagé par Saad Hariri lui-même, qui affirme que le régime sécuritaire libanais fait de son mieux pour faire circuler de telles rumeurs. « Il s’agit d’un gros mensonge que certains symboles encore en place du régime sécuritaire libano-syrien tentent de diffuser, pour détourner l’attention des enquêteurs des véritables coupables. Ils ont commencé par mettre en scène l’affaire Mohammad Abou Adass, et les voilà qui tentent leur chance en accusant el-Qaëda », a affirmé M. Hariri, qui a déclaré avoir « pleine confiance » dans l’enquête internationale. Pour certaines sources politiques, la seule chance pour que le cours de l’enquête suive un autre chemin, c’est l’existence d’un bazar politique. En échange d’un non-lieu en sa faveur, la Syrie accepterait de « changer de conduite » au Liban et coopérerait avec les efforts visant à obtenir le départ du président Émile Lahoud. Elle accepterait d’établir des relations diplomatiques avec le Liban et de dialoguer au sujet des armes du Hezbollah. Selon un observateur cynique, mais néanmoins objectif, ce serait là la seule raison pour laquelle Damas continue d’encourager le président Lahoud à rester en fonction. Émile KHOURY
Tout le monde aura noté la discrétion dont le nouveau président de la commission internationale d’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri, Serge Brammertz, s’entoure, en contraste absolu avec la médiatisation à outrance de la phase de l’enquête prise en charge par son prédécesseur, Detlev Mehlis.
Mais le juge belge, si discret que certains ont pensé que l’enquête s’était arrêtée, va faire parler de lui très bientôt. En effet, il doit remettre un premier rapport d’enquête le 12 mars, dans lequel il rendra compte de ce qui a été est accompli depuis qu’il a pris en charge le dossier, que ce soit sur le plan judiciaire ou administratif, et notamment sa visite à Damas, où il a rencontré le ministre syrien des AE, Rafic el-Mouallem. Il devra se prononcer, en particulier, sur le degré de coopération de...