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Réactions irrationnelles en Europe face à la menace du H5N1

L’inexorable expansion à travers le monde du virus de grippe aviaire H5N1 réveille des angoisses ancrées chez l’homme devant la menace d’une éventuelle épidémie, qui entraînent partout en Europe des réactions peu rationnelles. En Allemagne, des centaines de propriétaires de chats ont abandonné leur animal dans un refuge, affolés après la mort d’un félin domestique tué par la grippe aviaire dans l’île infestée de Rügen, dans le nord du pays. En France, la Société protectrice des animaux (SPA) a préféré prendre les devants et diffuse une circulaire expliquant que les chats ne transmettent pas la grippe aviaire et ne peuvent attraper cette maladie d’oiseaux que lorsqu’ils sont confrontés à une forte densité de virus. Les pompiers de Paris exhortaient de leur côté les habitants de la capitale à ne plus les appeler à chaque oiseau mort trouvé afin de ne pas submerger d’appels leur standard. L’irrationnalité gagne même des pays qui, comme l’Espagne ou la Belgique, ne sont pas touchés par la souche asiatique du virus H5N1. La consommation de viandes et produits de volaille y a baissé de 10 à 30 %, comme dans tous les pays d’Europe occidentale depuis que le virus a gagné cette partie du monde début février. En Grèce ou en Italie, la chute est de 70 à 75 % depuis le 11 février, en dépit des campagnes d’information soulignant qu’il n’y a aucun danger à manger de la volaille cuite. Le virus est détruit à la cuisson, à partir de 70°C, et ne résiste pas davantage à l’acidité des sucs gastriques lors de la digestion. Parfois, les autorités locales contribuent elles-même à la psychose. Un maire de la région parisienne a ainsi suspendu la distribution de poulet dans les cantines scolaires pour une période de trois à quatre semaines. En Autriche, où la presse adopte un ton plutôt neutre après des séminaires de formation des journalistes organisés à l’automne, la province du Burgenland (Est) a réservé 20 % des lits des hôpitaux pour une toujours hypothétique pandémie. La peur face à l’inconnu des menaces épidémiques a toujours engendré des réactions irrationnelles. Dans la crise de la grippe aviaire, comme dans les récentes épidémies comme le SRAS ou le sida/HIV, s’ajoute une dimension supplémentaire. « Il s’agit de l’angoisse de la mondialisation, de la peur des conséquences d’une mobilité mondiale de plus en plus importante », estime Alfred Pritz, président de l’Association mondiale de psychothérapie, interrogé par le quotidien autrichien Der Standard. Mais, souligne M. Pritz, « toutes les formes de peur ne sont pas névrotiques. La peur face à un danger réel permet au contraire de mobiliser les forces pour trouver des solutions ».

L’inexorable expansion à travers le monde du virus de grippe aviaire H5N1 réveille des angoisses ancrées chez l’homme devant la menace d’une éventuelle épidémie, qui entraînent partout en Europe des réactions peu rationnelles.

En Allemagne, des centaines de propriétaires de chats ont abandonné leur animal dans un refuge, affolés après la mort d’un félin domestique tué par la grippe aviaire dans l’île infestée de Rügen, dans le nord du pays. En France, la Société protectrice des animaux (SPA) a préféré prendre les devants et diffuse une circulaire expliquant que les chats ne transmettent pas la grippe aviaire et ne peuvent attraper cette maladie d’oiseaux que lorsqu’ils sont confrontés à une forte densité de virus. Les pompiers de Paris exhortaient de leur côté les habitants de la capitale à...