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FUSION Le nouveau géant de l’énergie Suez-Gaz de France commence à prendre forme

Le nouveau géant de l’énergie Suez-Gaz de France a commencé à prendre forme hier avec l’annonce des modalités de cette fusion qui entraîne la privatisation de GDF avec l’État comme premier actionnaire, et le début de la concertation avec des syndicats inquiets, voire hostiles. Cette opération d’envergure, qui sera finalisée au cours du second semestre 2006, avait été annoncée samedi dans l’urgence par Dominique de Villepin pour barrer la route au groupe italien d’électricité Enel qui s’était déclaré mardi intéressé pour acheter Suez. Le ministre des Finances Thierry Breton a annoncé hier que la fusion se ferait par « fusion absorption » du groupe d’énergie et d’environnement par Gaz de France. Le ministre italien de l’Industrie Claudio Scajola a dénoncé « une énorme violation du droit communautaire », et Jacques Barrot, vice-président de la Commission européenne, a estimé que la fusion allait à l’encontre de la volonté de l’UE de former des champions européens. Face à ces critiques, le ministère des Affaires étrangères a affirmé que la fusion ne pouvait « que bénéficier à l’ensemble de l’Europe ». La part de l’État dans le nouvel ensemble sera comprise « entre 34 % et 35 % », soit la minorité de blocage nécessaire pour empêcher toute tentative d’OPA. Le gouvernement souhaite aller « très vite devant le Parlement, dans les deux, trois mois qui viennent », pour modifier la loi qui prévoit que l’État ne peut descendre en dessous de 70 % du capital de GDF. Thierry Breton a commencé à recevoir hier à Bercy les représentants des syndicats, qui dénoncent la privatisation et craignent pour l’emploi. La CGT a critiqué « le mensonge et l’amateurisme » du gouvernement. Le ministre s’est engagé à ce que le gouvernement apporte « des réponses exhaustives, précises et concrètes dans les prochaines semaines » aux syndicats. Selon Bercy, la préservation de l’emploi, du statut des personnels des industries électriques et gazières, et du contrat de service public entre l’État et GDF, est assurée. Pour le PS, « il n’y a pas de logique industrielle », mais une « logique financière ». « Improvisation, précipitation, privatisation », a résumé le premier secrétaire François Hollande. Le PCF a demandé « l’abandon immédiat » du projet, estimant que le gouvernement « sacrifie l’intérêt national aux appétits boursiers ». Le nouveau groupe, fort d’un chiffre d’affaires de 64 milliards d’euros et d’une capitalisation boursière de plus de 70 milliards d’euros – juste derrière EDF –, figurera dans les tout premiers rangs des acteurs européens de l’énergie et de l’environnement. Suez-Gaz de France sera le cinquième producteur d’électricité en Europe, l’opérateur du premier réseau de distribution de gaz en Europe et le leader européen des services à l’énergie, du gaz naturel liquéfié (GNL). En France, Suez-GDF va directement concurrencer EDF dans la perspective de l’ouverture totale du marché de l’énergie au 1er juillet 2007. Le nouvel ensemble pourra offrir aux clients une solide offre mixte (gaz et électricité), tandis qu’EDF, leader européen de l’électricité, débute à peine dans la commercialisation du gaz. Concernant les modalités, la fusion sera précédée du versement par Suez à ses actionnaires d’un dividende exceptionnel de 1 euro par action, soit 1,25 milliard d’euros. La parité proposée après le dividende sera d’une action Suez pour une action GDF. Cette parité offre aux actionnaires de GDF une prime de 3,9 % sur la base d’une moyenne de trois mois. Les modalités de gouvernance du nouvel ensemble, à savoir qui du PDG de Suez Gérard Mestrallet ou de GDF Jean-François Cirelli sera le patron, seront communiquées «dans les meilleurs délais », ont assuré les entreprises.
Le nouveau géant de l’énergie Suez-Gaz de France a commencé à prendre forme hier avec l’annonce des modalités de cette fusion qui entraîne la privatisation de GDF avec l’État comme premier actionnaire, et le début de la concertation avec des syndicats inquiets, voire hostiles.
Cette opération d’envergure, qui sera finalisée au cours du second semestre 2006, avait été annoncée samedi dans l’urgence par Dominique de Villepin pour barrer la route au groupe italien d’électricité Enel qui s’était déclaré mardi intéressé pour acheter Suez.
Le ministre des Finances Thierry Breton a annoncé hier que la fusion se ferait par « fusion absorption » du groupe d’énergie et d’environnement par Gaz de France.
Le ministre italien de l’Industrie Claudio Scajola a dénoncé « une énorme violation du droit...