L’aggravation des dissensions politiques dans le pays, au lendemain de la première commémoration de l’assassinat de Rafic Hariri et de ses compagnons le 14 février 2005, a jeté davantage de froid sur la Bourse de Beyrouth la semaine dernière. Les craintes que les appels perpétrés pour la destitution du président de la République, Émile Lahoud, qui ne cesse de réaffirmer sa détermination à rester à la tête de l’État jusqu’au dernier jour de son mandat, ont donc eu leurs effets négatifs sur la confiance intérieure et étrangère dans les placements en actifs libanais. Le risque que les investisseurs des pays du Golfe dans les valeurs liées à la reconstruction du pays (Solidere et les cimenteries) et à son secteur bancaire pourraient se retirer du marché libanais a lourdement pesé sur la tendance de la cote la semaine passée, dans la mesure où l’afflux de leurs capitaux ces derniers temps était à l’origine de la récente flambée de la Bourse de Beyrouth.
Dans ce contexte, il n’est guère surprenant que les ventes bénéficiaires, qui avaient marqué l’évolution de la cote libanaise depuis le début du mois, prennent un rythme très préoccupant la semaine dernière. Elles n’ont épargné aucun secteur, notamment celui du développement et de la reconstruction. En effet, les actions A de Solidere de ce secteur ont continué de battre en retraite, fléchissant de 23,24 $ à 20,09 $ (-13,55 %) et, dans une moindre mesure, celles de la catégorie B qui ont bénéficié d’une petite embellie à la fin de la semaine leur permettant de l’achever à 20,82 $ contre 23,05 $ (-9,67 %). Mais le plus préoccupant dans cette évolution a été le volume des échanges qui l’a accompagné et qui a porté sur 2 323 419 actions des deux catégories d’une valeur de 50 249 392 $, soit 63,49 % de l’ensemble de la cote pour la semaine dernière.
Phénomène identique pour les valeurs bancaires qui ont représenté 33,54 % du marché avec 1 281 666 titres négociés d’une valeur de 26 541 656 $ pendant la même période. En tête des baisses, on a relevé la dégringolade des actions ordinaires et prioritaires de la Byblos Bank de 3,50 $ à 2,98 $ (-14,86 %) et de 3,37 $ à 2,92 $ (-13,35 %) respectivement. Elles ont été suivies par les certificats GDR de la BLOM Bank et de la Bank Audi qui sont retombés respectivement de 96,45 $ à 83,80 $ (-13,12 %) et de 87,55 $ à 78,20 $ (-10,68 %), alors que les actions ordinaires de la Bank of Beirut ont reculé légèrement de 12,53 $ à 12,51 $ (-0,16 %) et celles de la BEMO se sont stabilisées à 5,75 $.
Il en est de même du cimentier Holcim dont les actions ont rechuté de 2,93 $ à 2,40 $ (-18,09 %) avec les actions au porteur des Ciments blancs de 2,40 $ à 2,05 $ (-14,58 %).
Sur le Junior Market, la tendance était partagée entre la baisse de 4 650 parts du Beirut Interbank Fund de 107,50 $ à 104 $ (-3,26 %), et la hausse de 275 parts du Beirut Golden Income de 104 300 LL à 105 300 LL (+0,96 %) ainsi que de 2 047 parts du Beirut Lira Fund de 103 800 LL à 104 000 LL (+0,19 %), alors que 7 970 parts du Beirut Global Income se sont maintenues à 101 $.
D’une huitaine à l’autre, l’indice BLOM des valeurs libanaises a, en effet, abandonné 11,73 % en affichant 1 547,42 points à la fin de la semaine dernière, contre 1 752,96 points à la fin de la semaine qui l’a précédée. Ce mouvement de baisse s’est produit dans des échanges modérément nourris, portant sur 3 830 301 titres d’une valeur de 79 143 244 $ contre 3 428 262 titres d’une valeur de 69 452 788 $ pendant la même période.
Élie KAHWAGI
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’aggravation des dissensions politiques dans le pays, au lendemain de la première commémoration de l’assassinat de Rafic Hariri et de ses compagnons le 14 février 2005, a jeté davantage de froid sur la Bourse de Beyrouth la semaine dernière. Les craintes que les appels perpétrés pour la destitution du président de la République, Émile Lahoud, qui ne cesse de réaffirmer sa détermination à rester à la tête de l’État jusqu’au dernier jour de son mandat, ont donc eu leurs effets négatifs sur la confiance intérieure et étrangère dans les placements en actifs libanais. Le risque que les investisseurs des pays du Golfe dans les valeurs liées à la reconstruction du pays (Solidere et les cimenteries) et à son secteur bancaire pourraient se retirer du marché libanais a lourdement pesé sur la tendance de la cote la...