DAMAS - spécial
La décision était attendue depuis des mois. Elle a été prise samedi après-midi avec l’annonce, par l’agence de presse syrienne SANA, d’un décret présidentiel visant à remanier le gouvernement. Quatorze nouveaux ministres font ainsi leur entrée dans le gouvernement du Premier ministre Mohammad Naji Otri, qui reste aux commandes. Le cabinet de M. Otri, formé en septembre 2003 et remanié une première fois en octobre 2004, est composé de 33 ministres, dont au moins quinze appartiennent au Baas.
À noter le départ de Mahdi Dakhlallah, ministre de l’Information, qui a été sévèrement critiqué pour sa gestion des médias syriens ces derniers mois. Il a été même question qu’il soit interrogé par l’Assemblée du peuple sur son travail, une requête rare de la part des députés syriens. Il a été remplacé par Mohsen Bilal, ambassadeur depuis des années en Espagne. Un homme qui a joué un rôle important dans le rapprochement de Damas et de Madrid au début des années 2000.
Au chapitre des départs, on notera également celui d’Ibrahim Haddad, ministre de l’Énergie. Une décision à mettre en relation avec la crise qui agite le secteur pétrolier. Une crise illustrée par les déclarations contradictoires concernant la fin probable de l’exploitation de l’or noir syrien dans les prochaines années. M. Haddad est remplacé par Soufiane Allaou. Fouad Issa Joni a, par ailleurs, été nommé ministre de l’Industrie à la place de Ghassan Tayyara et Ahmad Khaled Ali, ministre de l’Électricité, en remplacement de Mounib Saëm al-Daher.
Le poste de ministre de l’Intérieur, vacant depuis le suicide, selon des sources officielles, de Ghazi Kanaan le 12 octobre dernier, a été attribué au chef de la police militaire, le général Bassam Abdelmajid. Celui de vice-ministre des Affaires étrangères a été attribué à Faycal Mikdak, ancien délégué permanent de la Syrie aux Nations unies.
Des proches de Bachar el-Assad ont par ailleurs fait leur entrée au gouvernement. Amr Salem, collaborateur du président en matière de nouvelles technologies, a été nommé au ministère des Télécommunications. Un autre proche du président, Ghyat Barakat, a, pour sa part, quitté le comité central du parti Baas pour remplacer le ministre de l’Enseignement supérieur.
Les ministères de la Santé (Maher Houssami), de l’Agriculture (Adel Safar), de l’Économie et du Commerce (Amer Hosni Loutfi), des Finances (Mohammad al-Hussein), des Émigrés (Boussaïna Chaabane), de la Défense (Hassan Turkmani) n’ont pas changé de locataires.
Ce remaniement intervient huit mois après la tenue d’un congrès du Baas qui avait vu le départ de la plupart des vétérans et qui avait recommandé la promulgation de plusieurs lois réformatrices, dont celle sur la création de partis politiques.
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