L’euro a touché un nouveau plus bas depuis le début de l’année hier face à un dollar toujours revigoré par la santé du marché du travail aux États-Unis et la perspective de voir les taux d’intérêt américains culminer peut-être à 5 % au 1er semestre, contrairement aux taux européens dont la hausse ne pourrait pas dépasser 2,50 % dans le meilleur des cas. La devise européenne, déjà affaiblie par les bons chiffres de l’emploi américain en janvier, publiés vendredi dernier, n’a pas été aidée hier par la faiblesse des commandes industrielles en Allemagne, qui sont reparties à la baisse en décembre après trois hausses mensuelles consécutives. Ces commandes, qui ont reculé de 1,6 % après des hausses allant de 1,3 % en novembre à 2,8 % en septembre, passant par 2 % en octobre, alors que les économistes tablaient sur une progression de 1 % en décembre, ont donc rendu l’euro de plus en plus vulnérable. De ce fait, les opérateurs se sont montrés très indifférents à l’égard des propos tenus hier par le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, lors d’un colloque à Londres. Celui-ci, qui a estimé que la reprise en zone euro va se poursuivre et que son organisme restait prêt à bouger sur les taux d’intérêt « à tout moment s’il y a des changements de perspective dans la stabilité des prix », n’est pas parvenu à soutenir l’euro. Les marchés ont, au contraire, été plus sensibilisés par le discours prononcé à cette occasion par le président de la banque de Réserve de Dallas, Richard Fisher, affirmant que l’économie américaine est en meilleure forme que ne le laisse entendre la première estimation de 1,1 % de sa croissance au 4e trimestre 2005. Dans ce contexte, il n’est guère surprenant que le dollar continue de profiter des attentes du marché de voir les taux d’intérêt américains culminer à 4,75 % ou 5 % cette année, contrairement à l’euro dont le loyer ne devrait pas dépasser 2,5 % pendant la même période. Ce développement, qui est censé maintenir l’ampleur du différentiel de taux d’intérêt favorable au dollar, a donc pesé sur l’euro qui s’est finalement négocié à New York à 1,1960 $ contre 1,2025 $ vendredi dernier, en nouvelle baisse de 0,54 %.
Orientation mitigée des Bourses
La Bourse de New York était mitigée hier après sa baisse assez nette de la semaine dernière. De l’avis des professionnels, l’enthousiasme n’était pas de mise tant que les inquiétudes liées à la perspective de voir la Fed poursuivre sa politique de resserrement du crédit n’étaient pas dissipées. Et d’ajouter que le niveau élevé des prix du brut a pesé aussi sur la cote. En outre, la publication par l’Administration américaine de son projet de budget pour 2007, prévoyant un déficit représentant 2,6 % du PIB américain contre 3,2 % prévu pour 2006, n’a guère impressionné les investisseurs.
Les Bourses européennes se sont ressenties également des craintes de hausse des taux d’intérêt dans la zone euro après les propos tenus hier par Jean-Claude Trichet. La remontée du dollar n’a guère profité aux exportateurs du Vieux Continent car elle a été neutralisée par la cherté du pétrole.
La Bourse de Beyrouth a terminé hier en légère baisse, les nouvelles pertes essuyées par certaines sociétés ayant été contrebalancées par les gains réalisés par d’autres. En effet, l’indice Blom des valeurs libanaises a cédé seulement 0,67 % à 1 867,41 points, dans un marché relativement peu actif (731 161 titres négociés d’une valeur de 14 814 477 $) et sans grands écarts de cours.
Élie KAHWAGI
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