Le gouvernement britannique a dénoncé hier la violence « inacceptable » des slogans de manifestants dénonçant les caricatures de Mohammad à Londres, mais apporté son soutien à la police accusée de laxisme pour n’avoir arrêté personne. Face à l’ampleur croissante de la polémique, dans un pays traditionnellement soucieux de tolérance, le porte-parole du Premier ministre Tony Blair a jugé « complètement inacceptable » le comportement de certains de ces manifestants. Vendredi, des dizaines d’entre eux avaient brandi des pancartes appelant à « massacrer » ou « décapiter ceux qui insultent le Prophète », ou promettant de nouveaux attentats type 11-Septembre, lors d’une protestation de plusieurs centaines de musulmans devant l’ambassade du Danemark. Mais le porte-parole a précisé que c’était à la police et à la justice de décider de la suite à donner à cette affaire, et que le gouvernement les soutiendrait quelles que soient leurs décisions. Samedi, un étudiant de 22 ans, Omar Khayam, s’était déguisé en kamikaze pour une autre manifestation devant l’ambassade danoise, provoquant la colère des familles des victimes des attentats du 7 juillet dernier à Londres. Le Parti conservateur s’est emparé de l’affaire pour dénoncer une police qui, bien qu’omniprésente, n’a toujours procédé à aucune arrestation. Le porte-parole du parti pour les Affaires intérieures, David Davis, a exprimé hier l’espoir que des actions puniraient « rapidement » cette « incitation directe à la violence », et il a appelé le gouvernement à définir clairement la limite de ce qui est une « attitude civilisée et acceptable ». Face aux critiques croissantes, un porte-parole de la police a annoncé la mise en place d’une équipe spéciale chargée d’enquêter sur les extrémistes impliqués dans les manifestations, de revoir les images de ces rassemblements et de décider de la suite à y donner. L’archevêque de Westminster, le cardinal Cormac Murphy-O’Connor, s’est dit « choqué » des réactions violentes de certains musulmans, tout en comprenant leur indignation. Le plus extrême a probablement été Omar Bakri, l’ancien leader de al-Mouhadjiroun, interdit de séjour au Royaume-Uni. Depuis Beyrouth, il a estimé que l’auteur des caricatures devait être jugé et exécuté. « Toute personne qui insulte le Prophète doit être punie et exécutée, c’est la loi islamique », a-t-il affirmé.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le gouvernement britannique a dénoncé hier la violence « inacceptable » des slogans de manifestants dénonçant les caricatures de Mohammad à Londres, mais apporté son soutien à la police accusée de laxisme pour n’avoir arrêté personne. Face à l’ampleur croissante de la polémique, dans un pays traditionnellement soucieux de tolérance, le porte-parole du Premier ministre Tony Blair a jugé « complètement inacceptable » le comportement de certains de ces manifestants. Vendredi, des dizaines d’entre eux avaient brandi des pancartes appelant à « massacrer » ou « décapiter ceux qui insultent le Prophète », ou promettant de nouveaux attentats type 11-Septembre, lors d’une protestation de plusieurs centaines de musulmans devant l’ambassade du Danemark. Mais le porte-parole a précisé que c’était à la police...