Une vingtaine de grands acteurs de l’OMC se retrouvent aujourd’hui à Davos (Suisse) pour relancer les discussions sur la libéralisation des échanges, à trois mois d’une échéance fixée pour un accord sur l’agriculture.
Un peu plus d’un mois après la conférence de l’Organisation mondiale du commerce à Hong Kong, les 25 ministres attendus doivent tenter de s’entendre sur un calendrier pour amener les négociations lancées en 2001 à leur aboutissement prévu à la fin de l’année.
« Vu la quantité de dossiers à régler, on ne peut pas s’attendre à de réels progrès », prévoit un diplomate.
La conférence de Hong Kong a déjà fixé plusieurs échéances pour 2006. À la fin avril, les 149 pays membres doivent parvenir à un accord sur l’agriculture, dossier le plus ardu de la négociation, ainsi que sur la baisse des droits de douane sur les autres produits.
À fin juillet, les pays membres devront avoir remis leurs « listes d’engagements » dans lesquels ils préciseront par exemple quels produits agricoles ils déclarent comme « sensibles » afin de les mettre à l’abri de baisses de droits de douane trop radicales.
Enfin, à la fin octobre, un accord devra intervenir sur l’ouverture du marché des services, avant de conclure l’ensemble de la discussion en fin d’année, c’est-à-dire avec deux ans de retard sur l’échéance initiale.
« Il reste une énorme quantité de travail technique à accomplir », observe M. Wasescha, appelant les diplomates en poste à Genève à avancer sans attendre d’impulsion de la sphère politique. Sur le fond, le contentieux reste entier entre de grands exportateurs agricoles qui réclament la baisse des subventions et des droits de douane des pays riches, alors que ces derniers réclament de ceux du Sud un accès accru pour les produits industriels et les services.
En début de semaine, le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, a accusé certains partenaires de Bruxelles « de tenir en otages » les discussions avec des « demandes irréalisables » ou des « offres vides ».
En réponse, le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim, véritable porte-étendard des pays en développement, s’est dit « très inquiet » envers la position de l’UE et indiqué n’avoir pas « d’attentes particulières » pour la réunion de Davos.
Les importateurs nets de produits agricoles du G10 (Japon, Suisse, Norvège...) ont, quant à eux, offert, mercredi, de réduire davantage les aides directes qu’ils versent à leurs agriculteurs.
La conférence de Hong Kong a abouti à une promesse d’éliminer les subventions aux exportations agricoles au plus tard en 2013, mais n’a pas résolu la question des aides directes ni celle de la baisse des droits de douane.
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