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Actualités - Opinion

Portrait Le dirigeant déchu, un homme malade qui reste un héros national

Cheikh Saad al-Abdallah al-Salem al-Sabah, l’émir du Koweït destitué par le Parlement hier neuf jours seulement après être monté sur le trône, est un septuagénaire très malade, considéré dans son pays comme un héros de la libération de l’émirat de l’occupation irakienne. Prince héritier depuis 1978, cheikh Saad, 75 ans, avait succédé automatiquement comme émir à cheikh Jaber al-Ahmad al-Sabah le 15 janvier, quelques heures après la mort de celui-ci. Mais son état de santé est tel que le gouvernement a publiquement affirmé lundi avoir obtenu « des preuves » que l’émir n’avait « plus les facultés pour exercer ses prérogatives constitutionnelles ». La santé de cheikh Saad n’a cessé de se détériorer depuis une opération du côlon en 1997, l’amenant à se rendre de manière répétée en Grande-Bretagne et aux États-Unis pour y subir des soins. Cheikh Saad avait cumulé jusqu’en 2003 les fonctions de prince héritier et de Premier ministre. Mais en raison de ses problèmes de santé récurrents, il avait dû déléguer dès la fin des années 90 une grande partie de ses prérogatives gouvernementales, avant que le poste de Premier ministre ne soit confié en 2003 à cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah, l’homme fort du pays, qui a finalement obtenu sa destitution. Cheikh Saad appartient à la branche al-Salem de la famille régnante des al-Sabah, qui, par tradition, alterne à la tête de l’État avec la branche al-Jaber, représentée par le Premier ministre. Cheikh Saad était considéré comme un dirigeant populiste qui avait affirmé avec fierté avoir sauvé le régime lors de l’invasion irakienne d’août 1990. Il reste, aux yeux de son peuple, un héros de la libération. Il est crédité d’avoir convaincu l’émir de fuir le Koweït pour se réfugier en Arabie saoudite, lui évitant ainsi d’être capturé par les troupes de Saddam Hussein. Un autre point à son actif a été son retour rapide au pays en mars 1991, une semaine après la libération de l’émirat par une coalition internationale dirigée par les États-Unis. Il fut la cible de critiques de la part d’hommes d’affaires et de députés libéraux, qui l’avaient accusé d’avoir freiné les réformes économiques. Cheikh Saad s’était ainsi opposé à de larges réductions dans les dépenses sociales et le système de l’État providence dont bénéficie la population autochtone. Né en 1930, il est le fils aîné de cheikh Abdallah al-Salem al-Sabah, le 11e émir du Koweït, connu pour avoir été le père de l’indépendance. Après des études au Koweït, il étudie à l’académie de police de Handen, en Angleterre. Il occupe ensuite au Koweït divers postes dans les secteurs de la police et de l’ordre public. Le 17 janvier 1962, il devient ministre de l’Intérieur dans le premier gouvernement après l’indépendance, acquise un an plus tôt, avant de se voir également confier en 1964 le portefeuille de la Défense.
Cheikh Saad al-Abdallah al-Salem al-Sabah, l’émir du Koweït destitué par le Parlement hier neuf jours seulement après être monté sur le trône, est un septuagénaire très malade, considéré dans son pays comme un héros de la libération de l’émirat de l’occupation irakienne. Prince héritier depuis 1978, cheikh Saad, 75 ans, avait succédé automatiquement comme émir à cheikh Jaber al-Ahmad al-Sabah le 15 janvier, quelques heures après la mort de celui-ci.
Mais son état de santé est tel que le gouvernement a publiquement affirmé lundi avoir obtenu « des preuves » que l’émir n’avait « plus les facultés pour exercer ses prérogatives constitutionnelles ». La santé de cheikh Saad n’a cessé de se détériorer depuis une opération du côlon en 1997, l’amenant à se rendre de manière répétée en...