Les cours du pétrole, qui se rapprochent à nouveau de leurs sommets historiques de plus de 70 dollars le baril, soit le triple de leur niveau d’il y a quatre ans, sont en proie à une combinaison de facteurs géopolitiques et techniques.
Les tensions géopolitiques
Il s’agit du principal facteur de tension actuel et le marché réagit à chaque nouvelle en provenance des deux fronts principaux, l’Iran et le Nigeria, tous deux gros producteurs et membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Dans les deux cas, les opérateurs redoutent une interruption durable de l’approvisionnement s’il y a lieu de sanctions internationales dans le cas iranien et d’attaques répétées des installations pétrolières pour le Nigeria. Le brut manquant serait impossible à remplacer complètement dans la situation actuelle d’équilibre précaire entre offre et demande.
À cela s’ajoutent la menace terroriste ravivée par de nouvelles menaces d’attentats aux États-Unis par el-Qaëda, et les autres foyers de tension comme l’Irak. De quoi susciter chez les opérateurs une « addition d’inquiétudes » à un moment où le marché dispose de peu de marges de manœuvre et est échaudé par la récente crise de gaz entre la Russie et l’Ukraine, souligne un expert.
Une croissance de
la demande toujours soutenue
La reprise quasi simultanée de toutes les économies du monde depuis deux ans a entraîné un boom de la consommation de pétrole, notamment en Chine et aux États-Unis, qui devrait se poursuivre cette année.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une progression de 2,2 % de la demande mondiale de pétrole en 2006, à 85,1 millions de barils par jour (mbj). La Chine a récemment clarifié en partie les statistiques sur sa croissance, mais sa demande à venir demeure un gros point d’interrogation.
Le manque de capacités
de production
Face à l’envolée de la demande, la production a du mal à suivre. La plupart des pays producteurs pompent à plein régime et seule l’Arabie saoudite dispose réellement de capacités de production non utilisées, estimées à environ 1 mbj, mais il s’agit de pétrole lourd, difficile à raffiner.
Cette faiblesse de marge de manœuvre en cas de problème dans l’un des pays producteurs est un des sujets de préoccupation majeurs des opérateurs de marché.
De manière générale, les difficultés rencontrées ces dernières années ont toutefois conduit à une prise de conscience tant des producteurs, qui accroissent peu à peu leurs investissements, que des consommateurs, qui ont renfloué leurs stocks.
Le manque de capacités
de raffinage
Les analystes et l’OPEP le dénonçaient déjà ; les ravages des cyclones de l’été dernier aux États-Unis ont achevé de démontrer les faiblesses de cette industrie, devenue un véritable goulot d’étranglement. Aucune raffinerie n’a été construite en Europe, ni aux Etats-Unis, depuis 30 ans, et celles qui existent ont souvent besoin d’être rénovées.
Pire, une partie des raffineries sont inadaptées au brut lourd, le seul que peuvent ajouter les pays producteurs à leur offre actuelle. Le manque de produits raffinés tels que l’essence, le fioul de chauffage ou le diesel contribue à alimenter la hausse des cours du brut.
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