Banquiers et assureurs européens veulent que l’UE établisse des règles unifiées pour les services financiers aux particuliers en Europe, ce qui servirait les usagers mais faciliterait aussi la concentration d’un secteur encore très éclaté entre les pays européens.
« En dépit de l’acte unique entré en vigueur le 1er janvier 1993 qui prévoit la réalisation d’un marché unique, il n’existe pas pour les services aux particuliers », a déclaré Michel Pébereau, président de BNP Paribas et chargé de la protection du consommateur à l’European Financial Services Round Table (EFR), qui regroupe « 20 présidents ou DG des principales compagnies financières européennes ».
« Le marché reste très fragmenté », surtout à cause « de l’hétérogénéité des réglementations de protection des consommateurs et de fiscalité », a déclaré M. Pébereau lors d’une conférence de presse à Paris.
Actuellement, les banques s’implantant dans d’autres pays doivent s’adapter aux règles locales, proposant les produits autorisés dans ces pays, avec les coûts découlant de cette multiplication, notamment en informatique.
Selon les grandes banques regroupées dans l’EFR, la fragmentation du marché est « un obstacle à la consolidation bancaire européenne, à cause des faibles perspectives de synergies » dégagées en cas de fusion. « Les synergies de rapprochement en Europe n’ont rien à voir avec les États-Unis. Là-bas, c’est 25 %, ici, c’est de l’ordre de 10 % », a précisé M. Pébereau, qui présentait un rapport de l’EFR illustrant les bénéfices et simplifications préconisés dans le cas d’un crédit à la consommation.
Enfin, le consommateur européen serait pénalisé par ce marché fragmenté, ne bénéficiant pas de la concurrence qui entraînerait une baisse des tarifs bancaires. « Le consommateur ne bénéficie pas des innovations des autres pays », a déclaré M. Pébereau.
« La concentration est un facteur d’abaissement de coûts (pour les banques, NDLR) à tel point qu’elle va bien au-delà de l’effet que peut avoir une concurrence » entre quelques grands groupes, a-t-il dit.
Les cinq principes de base proposés par l’EFR « pour ouvrir le débat » sont : « garantir au consommateur une information appropriée en quantité et qualité », « laisser au consommateur le temps de réflexion ou de rétractation », « possibilité de recevoir un conseil », « dispositifs de médiation simples et peu coûteux » de produits, et garantir « la flexibilité pour le prestataire afin d’encourager l’innovation ».
L’EPR réunit des groupes tels Barclays, BBVA, Crédit agricole, Deutsche Bank, ABN-Amro, UBS, AXA, Generali, UniCredit.
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« En dépit de l’acte unique entré en vigueur le 1er janvier 1993 qui prévoit la réalisation d’un marché unique, il n’existe pas pour les services aux particuliers », a déclaré Michel Pébereau, président de BNP Paribas et chargé de la protection du consommateur à l’European Financial Services Round Table (EFR), qui regroupe « 20 présidents ou DG des principales compagnies financières européennes ».
« Le marché reste très fragmenté », surtout à cause « de l’hétérogénéité des réglementations de protection des consommateurs et...