La demande de pétrole menace de demeurer vive au printemps 2006 et de rendre inadaptée la baisse de production que doit examiner l’OPEP lors de sa réunion prévue fin janvier, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
L’affirmation, très courante dans les milieux pétroliers, selon laquelle la demande de pétrole recule fortement au deuxième trimestre, période qui correspond à la fin de l’hiver en hémisphère Nord, n’a pas lieu d’être, affirme cette agence en charge depuis 1974 de la sécurité énergétique des pays de l’OCDE, et conçue comme un pendant au pouvoir de l’OPEP.
« Dans la légende du marché pétrolier, la faiblesse du deuxième trimestre est suspendue comme l’épée de Damoclès. Mais en réalité, cette épée n’est qu’un mythe. Le marché pétrolier est une entité complexe », dans lequel bien d’autres facteurs comme les incertitudes géopolitique ou statistiques entrent en ligne de compte, souligne-t-elle dans son rapport mensuel paru hier.
Ces propos semblent directement adressés aux responsables de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) qui ont fait savoir, il y a déjà plus d’un mois, que l’ordre du jour de leur prochaine réunion, prévue le 31 janvier à Vienne, est précisément une baisse préventive de production.
L’AIE a d’autant plus de motifs d’être inquiète qu’elle table pour l’ensemble de l’année 2006 sur un net rebond de la demande de pétrole sous l’impulsion de la Chine et des États-Unis. La demande devrait croître de 2,2 % cette année, après une hausse plus modeste de 1,3 % en 2005.
Or, l’année commence plutôt mal pour les consommateurs, avec des niveaux de cours qui renouent avec leurs plus hauts depuis octobre en raison des inquiétudes que suscite la situation en Iran et au Nigeria : à New York, le cours du brut a gagné environ 5 % depuis le début de l’année et se rapproche, à plus de 65 dollars le baril, de son record historique de 70,85 dollars.
Dans un tel contexte, une baisse de production de l’OPEP, qui représente 40 % de l’offre mondiale, ne manquerait pas de se traduire par de nouvelles tensions sur les cours.
L’AIE relève toutefois dans son rapport que les 11 pays membres de l’OPEP apparaissent eux-mêmes divisés face à la remontée des cours. Certains reconnaissent d’ailleurs que l’essor de la Chine a bouleversé la donne des deux dernières années, et que le cartel s’est trouvé pris au dépourvu face à cette demande imprévue.
Mais, pour l’heure, l’Iran reste l’un des plus chauds partisans d’une baisse de la production, et évoque une réduction de 1 million de barils par jour sur un plafond total de 28 mbj. Le Venezuela serait sur la même longueur d’onde.
L’équilibre du marché en 2006 dépendra aussi des producteurs non OPEP, souligne l’agence : les déboires subis par les pays OCDE (ouragans, pannes, etc.) ont de bonnes chances de s’atténuer cette année, et les perspectives d’accroissement de la production sont favorables en Russie, dans le golfe du Mexique, au bord de la Caspienne, en Afrique de l’Ouest ainsi que dans les pays de l’OPEP. Au total, « il se pourrait qu’il y ait enfin un peu plus de flexibilité pour faire face aux chocs à venir sur la demande ou l’offre », espère l’AIE.
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L’affirmation, très courante dans les milieux pétroliers, selon laquelle la demande de pétrole recule fortement au deuxième trimestre, période qui correspond à la fin de l’hiver en hémisphère Nord, n’a pas lieu d’être, affirme cette agence en charge depuis 1974 de la sécurité énergétique des pays de l’OCDE, et conçue comme un pendant au pouvoir de l’OPEP.
« Dans la légende du marché pétrolier, la faiblesse du deuxième trimestre est suspendue comme l’épée de Damoclès. Mais en réalité, cette épée n’est qu’un mythe. Le marché pétrolier est une entité complexe...