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Actualités - Opinion

EN DENTS DE SCIE Le Liban a désormais son arme nucléaire

Deuxième semaine de 2006. En voilà de beaux sept jours. Plein de promesses. Tout cela parce que, cette semaine, il y a eu un vendredi 13… À moins que cela ne soit pas vraiment la bonne raison… Pourquoi, alors, ces sept derniers jours ont-ils eu cette si surprenante grâce ? Tout simplement parce que, comme elle le fait si bien depuis la prorogation du mandat d’Émile Lahoud (qui a dû s’étrangler avec son café hier matin en lisant son « ami » Abdel Halim Khaddam dans le toujours frais Nouvel Observateur), la Syrie, en pensant coincer les Libanais, les mettre à nu, les poignarder dans le dos, les condamner aux hérésies de la tutelle, ne fait que servir leurs intérêts. Le comble, c’est que les fins stratèges damascènes n’ont toujours rien compris. À rien, et surtout aux Libanais. Il n’empêche : un vendredi 13, quelles que soient les idées reçues que l’alliance de ce jour et de ce chiffre véhiculent, cela a toujours de la gueule. Et de la gueule, la poignée de main et le sourire « Fluocaril » de Michel Aoun et de Ghazi Aridi en avaient à revendre hier, même s’ils s’affichaient devant les objectifs des photographes. Ces phalanges unies, ces dents déployées laisseraient-elles augurer d’un salutaire retour au bercail, d’un « hug » assorti de larges tapes dans le dos, quelque part entre Moukhtara et Rabieh, ou alors à Moukhtara et à Rabieh, entre les frères ennemis du 14 mars ? Si oui, cela laisse entrevoir de sympathiques horizons pour les quelques mois à venir. Dans la forme comme dans le fond. De doux tsunamis. Un remaniement ministériel, avec l’entrée en lice du CPL ? Une adoption à la Chambre d’une proposition de loi électorale qu’aurait rédigée de main de maître, sous la supervision du maître, la commission Boutros (que la commission Mehlis/Brammertz a un peu fait reléguer aux seules ombres fraîches du Sérail) ? Des élections législatives anticipées basées sur cette loi, dont la quintessence serait de ne flanquer aux circonscriptions que deux, voire trois sièges parlementaires ? Une élection présidentielle anticipée sur base d’un programme sur lequel se seraient entendu tous les piliers du 14 mars ? On dirait la trame d’un roman qu’auraient écrit à quatre mains, si elles en avaient eu la possibilité, la comtesse de Ségur et Barbara Cartland. Et pourtant… Quoi qu’il en soit, les manigances et la sottise syriennes n’auront pas eu comme seule délicatesse de se retourner contre ceux qui les ont ourdies. En commençant à sérieusement cimenter les artisans de la deuxième indépendance, Damas a reçu par trois fois le boomerang en plein visage. Un : en constatant l’étendue, le volume, la masse, la force et l’impact de ce qu’elle a toujours réussi à assassiner impunément, sous l’œil de la planète, et qui a ressuscité un certain 14 mars – cette nouvelle réalité qui n’est rien d’autre que son pire cauchemar : la libre décision libanaise. Deux : en regardant le Hezbollah (commencer à) sortir, contraint, de son autisme politique et à (commencer à) lui privilégier un désormais incontournable pragmatisme. Hassan Nasrallah ne peut plus continuer à creuser le même, le stérile, le mortifère sillon : Mohammed Fneich a repris hier les termes exacts que martèlent, depuis le début de la semaine, les piliers du 14 mars : le retour, avant Taëf, à la déclaration ministérielle. Et son respect. Trois : même terrorisés par l’idée des éventuelles conséquences d’un changement de régime sur les bords du Barada, les pays arabes, l’Arabie saoudite de Abdallah et l’Égypte de Moubarak en tête, semblent avoir compris désormais, en tout cas officiellement (ils ne sont pas nés de la dernière pluie), qu’il ne leur est plus possible de faire confiance à la « famille régnante » syrienne. La deuxième semaine de 2006 marquera l’histoire du Liban si et seulement si les partenaires du 14 mars n’attendent pas la nouvelle et énième grossière erreur syrienne, ni le prochain vendredi 13 (ce sera en octobre !), pour se trouver. L’arme de destruction massive, l’arme fatale contre les coups de boutoir et les fantasmes syriens n’est rien d’autre que l’union sacrée des Libanais. C’est la seule. Et comme davantage de fous implique davantage de rires (ou davantage de Libanais implique davantage de force), on n’attend plus que le Hezbollah. En politique, la rancune est abortive ; la couverture et les bras ouverts de ces Libanais valent infiniment plus que tous les Ahmadinejad ou les Assad de la planète. Surtout si Israël aura la bonne idée de se retirer des fermes de Chebaa. Ziyad MAKHOUL
Deuxième semaine de 2006.
En voilà de beaux sept jours. Plein de promesses. Tout cela parce que, cette semaine, il y a eu un vendredi 13… À moins que cela ne soit pas vraiment la bonne raison… Pourquoi, alors, ces sept derniers jours ont-ils eu cette si surprenante grâce ?
Tout simplement parce que, comme elle le fait si bien depuis la prorogation du mandat d’Émile Lahoud (qui a dû s’étrangler avec son café hier matin en lisant son « ami » Abdel Halim Khaddam dans le toujours frais Nouvel Observateur), la Syrie, en pensant coincer les Libanais, les mettre à nu, les poignarder dans le dos, les condamner aux hérésies de la tutelle, ne fait que servir leurs intérêts. Le comble, c’est que les fins stratèges damascènes n’ont toujours rien compris. À rien, et surtout aux Libanais.
Il n’empêche : un vendredi...