Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Pour la majorité, le départ du président reste un impératif absolu

Un ministre influent a tenu à l’égard des puissances, via leurs ambassadeurs, à peu près le langage suivant : ou bien le régime syrien change de comportement vis-à-vis du Liban, ou bien il saute ; ou bien, on se débarrasse de Lahoud, qui reste la tête de lance et l’arrière-garde vivace, trop vivace, du système policier mixte. Dont les agissements retardent la vraie libération du Liban et sa promotion en État de droit fort, doté d’une autorité unique. Cette proposition est facile à lire : le plus simple, c’est encore de larguer le régime en place. Pour que le Liban parachève son changement. Et puisse par là se conformer aux desiderata de la communauté internationale. Entendre : étendre son autorité, par le seul et unique truchement de ses forces régulières, sur l’ensemble de son territoire. Une solution à portée de main, selon ce ministre appartenant à la majorité. Qui souligne que l’autre choix, l’éviction du régime syrien, n’est pas accessible. Car ni les grandes puissances ni, surtout, l’Arabie saoudite, l’Égypte ou encore la Turquie ne veulent d’un changement de régime syrien qui serait porteur de lourds dangers de déstabilisation régionale, surtout avec la question kurde. Mais, toujours selon cette source, l’immunité du régime syrien n’est pas totale ni gratuite. Il lui est demandé un prix, pour le protéger. Il devrait ainsi changer effectivement, et non en paroles seulement, ses manières de faire au Liban et avec les autorités libanaises. Il doit se comporter sur base d’une reconnaissance réelle de la souveraineté, de la liberté et de l’indépendance du Liban. Accentuer la détente en cessant les attaques de ses médias officiels contre les Libanais. Parallèlement, il doit coopérer pleinement avec la commission internationale d’enquête sur l’assassinat du président Rafic Hariri, en cessant de louvoyer. Il doit aider au maintien du calme au Sud. Le test probatoire que la Syrie doit passer s’étalerait sur deux ou trois petites semaines. La première épreuve, on le sait, est relative à la comparution de Farouk el-Chareh, mais aussi et surtout du président Bachar el-Assad, devant la commission internationale que dirige désormais le Belge Serge Brammertz. Le chef de l’État syrien ne peut, selon les juristes, se prévaloir d’aucune immunité pour refuser d’être interrogé, surtout à titre de témoin. Les textes des résolutions de l’ONU sont très clairs : la commission a le droit d’interroger qui elle veut, sans restriction de fonctions, de personnes ou de postes. La fin, qui est la découverte de la vérité, justifie en l’occurrence tous les moyens. Les exemples de témoignages de chefs d’État, ou même d’interrogatoire en tant que suspects, sont nombreux dans le monde. Toute dérobade constitue par elle-même une présomption de culpabilité ou de complicité. En pratique, les déclarations et les accusations de Abdel Halim Khaddam rendent obligatoire, sur le plan juridique, l’audition d’Assad et de Chareh, nommément mis en cause. Si l’un des deux devait refuser l’injonction de la commission, le Conseil de sécurité serait habilité, selon le Dr Mohammed Majzoub, l’expert en droit international, à appliquer les sanctions prévues au chapitre sept. Cependant, selon le ministre cité, Assad pourrait avoir quelques chances de ne pas être interrogé. S’il change de comportement à l’égard du Liban, en aidant à y consolider la stabilité, sans plus intervenir dans les affaires intérieures de ce pays. De plus, même s’il devait comparaître, il pourrait ne pas être poursuivi. D’autres responsables syriens se retrouveraient sur le banc d’accusation et pourraient être arrêtés. La sécurité du Liban serait ainsi, en quelque sorte, troquée contre la protection du régime Assad. Et de conclure en répétant que ce qui changerait, ce serait (enfin) le régime au Liban. Émile KHOURY
Un ministre influent a tenu à l’égard des puissances, via leurs ambassadeurs, à peu près le langage suivant : ou bien le régime syrien change de comportement vis-à-vis du Liban, ou bien il saute ; ou bien, on se débarrasse de Lahoud, qui reste la tête de lance et l’arrière-garde vivace, trop vivace, du système policier mixte. Dont les agissements retardent la vraie libération du Liban et sa promotion en État de droit fort, doté d’une autorité unique.
Cette proposition est facile à lire : le plus simple, c’est encore de larguer le régime en place. Pour que le Liban parachève son changement. Et puisse par là se conformer aux desiderata de la communauté internationale. Entendre : étendre son autorité, par le seul et unique truchement de ses forces régulières, sur l’ensemble de son territoire. Une solution...