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Actualités - Opinion

ÉCLAIRAGE Le pèlerinage, une occasion de dissocier l’islam du terrorisme

Le pèlerinage annuel est pour un grand nombre de musulmans l’occasion de montrer une image tolérante de l’islam, qui le dissocie de ce qu’ils estiment être des accusations injustes de terrorisme et de violence. L’Arabie saoudite, qui se considère comme le pays-phare pour les quelque 1,3 milliard de musulmans du monde et qui, parallèlement, lutte sur son sol contre les fondamentalistes, a lancé ce message à l’occasion du pèlerinage. « La modération est le plus beau trait de l’islam (...) le plus grand danger confrontant l’oumma (la nation) provient des pensées déviantes et extrémistes », a déclaré l’imam de la grande mosquée de La Mecque, cheikh Abdel Rahman al-Soudais, lors de son prêche mardi au début de l’Aïd al-Adha. La plus haute autorité religieuse du pays, le mufti du royaume cheikh Abdel Aziz al-Cheikh, lui avait fait écho dans son sermon lundi lors de la montée des quelque 2,5 millions de pèlerins de Mina vers le mont Arafat pour implorer Dieu de leur pardonner, le moment fort du hajj. Les deux dignitaires ont, cependant, accusé l’Occident de lancer une guerre culturelle contre l’islam au nom de la lutte contre le terrorisme ou de la défense des droits de l’homme et de la femme. Les pèlerins venus d’Occident affirment se trouver sur la ligne de front de cette confrontation. Un drapeau français et des posters de tour- opérateurs pour les pèlerins venus d’Italie, Grande-Bretagne et du Danemark sont placardés à l’entrée de l’un des camps de pèlerins. « L’islam est mal compris », dit Mohamed Souhail, un Britannique d’origine pakistanaise, venu à La Mecque avec sa femme et sa fille. Il estime que le hajj est une leçon de tolérance. « Nous sommes tous rassemblés au même endroit. C’est absolument magnifique, vous avez près de vous un multimillionnaire et le plus pauvre des pauvres. Ils sont tous égaux, debout au même endroit vénérant le même Dieu : Allah », déclare M. Souhail. Il affirme que le regard porté sur lui, et les musulmans, a changé depuis les attentats islamistes du 7 juillet dernier à Londres. « Je le sens dans les restaurants, les magasins et en réglant mes factures, c’est très différent maintenant », dit-il. Près de lui, un groupe de pèlerins danois – également d’origine pakistanaise – se disent outragés par les dessins controversés publiés par un journal danois, en septembre, et montrant le prophète Mahomet une bombe posée sur son turban. « J’étais en colère, rien n’est plus cher à nos cœurs que le prophète », dit Mohammed Tabassoum, qui vit à Copenhague. L’Organisation de la conférence islamique (OCI), basée en Arabie saoudite, a estimé que l’incident faisait partie de « l’islamophobie » qui se propage en Occident. Chahed Mehdi, imam d’une mosquée de la capitale danoise, dénonce également ces dessins, mais estime que les musulmans doivent améliorer leur image et honnir les idées extrémistes. « L’extrémisme nourrit les partis d’extrême droite européens et les ennemis de l’islam », déplore-t-il. Hocham Daoud, un anthropologue d’origine irakienne vivant en France, estime que le pèlerinage est la forme la plus impressionnante et la plus populaire d’un islam global. Sa visite à La Mecque s’inscrit dans le cadre d’une étude sur le pèlerinage. « La question qui se pose est si cet islam global va rassurer le monde ou l’effrayer », dit-il. Selon lui, le plus important défi auquel sont confrontés les dirigeants musulmans est de savoir jusqu’à quelle limite ils pourront moderniser l’islam et l’adapter aux temps modernes face à la résistance des établissements religieux et s’ils sont vraiment prêts à introduire des réformes démocratiques. « Le mufti veut nous reconduire au paradis dont nous avons été chassés, tandis que beaucoup d’entre nous veulent vivre ici et maintenant », affirme M. Daoud. Sam DAGHER (AFP)
Le pèlerinage annuel est pour un grand nombre de musulmans l’occasion de montrer une image tolérante de l’islam, qui le dissocie de ce qu’ils estiment être des accusations injustes de terrorisme et de violence. L’Arabie saoudite, qui se considère comme le pays-phare pour les quelque 1,3 milliard de musulmans du monde et qui, parallèlement, lutte sur son sol contre les fondamentalistes, a lancé ce message à l’occasion du pèlerinage.
« La modération est le plus beau trait de l’islam (...) le plus grand danger confrontant l’oumma (la nation) provient des pensées déviantes et extrémistes », a déclaré l’imam de la grande mosquée de La Mecque, cheikh Abdel Rahman al-Soudais, lors de son prêche mardi au début de l’Aïd al-Adha. La plus haute autorité religieuse du pays, le mufti du royaume cheikh Abdel...