L’euro a progressé contre le dollar hier sur les marchés des changes internationaux, profitant d’un essoufflement manifeste du rebond que connaissait le billet vert depuis le début de la semaine, à la veille de données cruciales des deux côtés de l’Atlantique. Deux événements à risques pour le dollar sont cependant au programme aujourd’hui et qui pourraient provoquer un nouvel accès de faiblesse du billet vert. Premièrement, la Banque centrale européenne (BCE), après avoir maintenu ses taux inchangés à 2,25 % début décembre, sera très observée aujourd’hui au moment de la conférence de presse de son président, Jean-Claude Trichet, à l’issue de la réunion de son conseil de gouverneurs. À cet égard, tout indice d’une hausse des taux à court terme en zone euro profiterait à la monnaie unique, fait-on remarquer dans les milieux cambistes. Cela d’autant que le marché se demande, depuis la publication, mercredi dernier, des minutes de la réunion du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) du 13 décembre, si les taux américains ne sont pas, quant à eux, arrivés près de leur plafond. Deuxièmement, la publication aujourd’hui du déficit commercial américain en novembre doit constituer un autre risque de baisse du dollar. S’il va se creuser davantage, ce chiffre pourrait attirer de nouveau l’attention du marché sur les vastes déficits structurels américains qui sont un problème pour le billet vert, surtout si les investisseurs deviennent nerveux sur le financement de ces déficits. Et bien que la Banque centrale de Chine ait démenti hier les rumeurs qui avaient agité le marché à la fin de la semaine dernière, selon lesquelles elle aurait l’intention de réduire la part du dollar dans ses réserves de changes, qui dépassent actuellement 800 milliards de $, les qualifiant de « spéculation de marché », les opérateurs ont quand même estimé devoir rester sur la défensive. Dans ce contexte, et en attendant l’issue de ces deux événements, l’euro ne tardait pas à être activement recherché hier par précaution, se négociant finalement à New York sur un ton très ferme à 1,2125 $ contre 1,2065 $ la veille, en hausse de 0,50 %
Les Bourses généralement bien orientées
La Bourse de New York était en légère reprise hier pour la troisième séance consécutive. Les indices ont évolué peu de l’ouverture à la clôture, oscillant autour du point d’équilibre tout en restant dans des marges étroites à la hausse. Pourtant, les opérateurs étaient peu enclins à vendre, estimant devoir attendre la publication des résultats de plusieurs sociétés à partir de la semaine prochaine, car elle donnera une certaine direction au marché. Les investisseurs ont donc ignoré la hausse de 0,1 % des ventes des chaînes de magasins aux États-Unis la semaine dernière, se montrant plutôt préoccupés par l’annonce de DuPont qu’elle a abaissé sa prévision de bénéfice par action au 4e trimestre à la suite des cyclones qui ont ravagé le sud des États-Unis à la fin de l’été.
Les Bourses européennes ont fini en nette hausse, soutenues par la bonne tenue des secteurs de l’automobile, des télécommunications, des finances et des technologiques. Les valeurs minières ont également été demandées grâce à l’envolée des cours des métaux.
La Bourse de Beyrouth, qui était fermée mardi et mercredi pour la fête de l’Adha, avait entamé la semaine en nouvelle hausse de 4,99 % sous la conduite des valeurs bancaires et de Solidere. Les actions A et B de cette dernière société avaient frôlé lundi un nouveau record de hausse de 21,50 $ avant de terminer à 20,96 $ (+3,30 %) et à 21,06 $ (+3,79 %) respectivement.
Élie KAHWAGI
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