Le dollar était généralement ferme en cette dernière journée ouvrable de l’année sur des marchés des changes désertés à la veille du long week-end du Nouvel An. En l’absence de chiffres économiques des deux côtés de l’Atlantique et du Pacifique, à part l’annonce d’une amélioration du chômage en France le mois dernier, rien ne devait se passer sur les marchés qui ont fini sur une note calme. Mais il n’en demeure pas moins que le dollar s’est un peu renforcé face à l’euro, en réaction à des nouvelles selon lesquelles le secrétaire américain au Trésor, John Snow, a demandé au Congrès un relèvement du plafond de la dette américaine à plus de 8184 milliards $, faute de quoi l’Administration fédérale ne sera plus en mesure de financer ses opérations courantes à partir de mi-février prochain. Faisant allusion au dernier relèvement du plafond de la dette américaine, mi-novembre 2004, à l’issue duquel le principal taux directeur de la Réserve fédérale (Fed) est remonté depuis de 2 % jusqu’à 4,25 % le 13 décembre, certains opérateurs ont estimé hier devoir rééquilibrer leurs positions de change en faveur du dollar. Ils ont, en effet, ignoré les propos tenus hier par l’économiste en chef de la Banque centrale européenne (BCE), Otmar Issing, selon lesquels celle-ci agira sur les taux d’intérêt, si nécessaire, même si le récent relèvement de son principal taux directeur à 2,25 % n’augure pas de l’entrée dans une spirale haussière. La perspective de réduction du différentiel de taux d’intérêt entre États-Unis et zone euro, qui est censée œuvrer à l’actif de l’euro, ne devait avoir hier aucun impact positif sur lui, d’autant que les investisseurs commençaient de s’intéresser à nouveau au financement de la dette américaine après la requête de Snow. Dans ce contexte, l’euro ne tardait pas à souffrir un peu des quelques ajustements de positions en faveur du dollar, effectués hier, se négociant finalement à New York sur un ton vulnérable à 1,1835 $, après 1,1790 $, contre 1,1845 $ la veille, en baisse de 0,08 %.
Solidere finit l’année en beauté
La Bourse de New York a évolué en baisse hier pour conclure sur une note négative une année déjà jugée décevante. Beaucoup d’actions étaient en baisse sur l’année, faisant l’objet de liquidations de fin d’année pour des raisons fiscales, indique-t-on dans les salles de marché. Par ailleurs, l’inversion de la courbe des taux obligataires (les taux longs passant sous les taux courts), qui s’est produite encore une fois hier après l’avoir été mardi, a donc continué d’inquiéter les investisseurs, dans la mesure où ce mouvement rare a souvent précédé une période de récession économique par le passé. Les grands perdants de la séance d’hier étaient les bancaires sous la conduite de Citigroup et les technologiques.
Les Bourses européennes ont également fini la dernière séance de 2005 en repli, sur des prises de bénéfices au terme d’une année qui a vu les indices boursiers retrouver leurs niveaux de 2001. Mais les professionnels ont relativisé la baisse des marchés européens, expliquant qu’elle était peu significative en raison de la faiblesse des volumes et déterminée par des prises de bénéfices.
À la Bourse de Beyrouth, les actions Solidere ont achevé l’année en beauté, après leur accès de faiblesse, mercredi et jeudi. Elles ont bénéficié d’achats à bon compte, faisant bondir celles des catégories A et B de 17,25 $ et de 17,24 $ respectivement à 17,98 $, dans des échanges toujours étoffés.
Élie KAHWAGI
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