Par Jihad YAZIGI
La Banque internationale du commerce et de la finance (BICT) prévoit d’augmenter son capital pour atteindre 75 millions de dollars, selon son directeur général, Sultan al-Zoubi. Le capital de la banque est actuellement de 1,5 milliard de livres, soit un peu moins de 30 millions de dollars.
La BICT fait partie des trois banques privées ayant ouvert leurs portes en Syrie en 2004. Contrairement aux deux autres entités, BEMO Saudi Fransi, qui a pour actionnaire et qui est gérée par la Banque européenne pour le Moyent-Orient (BEMO), et la Banque de Syrie et d’Outre-Mer (BSOM), dont l’actionnaire principal est la BLOM, la BICT est détenue principalement par une banque jordanienne, la Banque du commerce et de l’habitat, qui possède 49 % des parts de la société. Les deux autres investisseurs importants dans la banque sont la Kuwait United Investment Company (KUIC) et la Syrian Libyan Company (SLC), qui possèdent chacune 5 % des parts ainsi qu’un certain nombre d’investisseurs à titre individuel, tels Nagib Assaf et Walid Jalambo. La KUIC et la SLC sont deux holdings dont le siège social est en Syrie. En effet, la loi impose un niveau maximal de 49 % pour l’actionnariat étranger dans les banques, qui est, dans le cas de la BICT, entièrement détenu par sa maison mère jordanienne.
En augmentant son capital, la BICT suivrait ainsi les traces de ses deux concurrentes. La BSOM a en effet doublé son capital il y a quelques mois de cela, alors que la BEMO Saudi Fransi a également apporté des capitaux frais, mais pour un montant moins important, soit 250 millions de livres syriennes (environ 5 millions de dollars).
Ces augmentations de capital ont pour but de financer la croissance très rapide des banques privées sur le marché local, en particulier le développement de leurs réseaux d’agences.
Selon Rateb al-Shallah, le président de la Fédération des Chambres de commerce syriennes et un des actionnaires de la BSOM, le total des dépôts placés dans les quatre banques privées ayant ouvert leurs portes jusque-là (la Bank Audi Syria, filiale de Audi Saradar, a débuté ses opérations en septembre dernier) dépasserait actuellement les 100 milliards de livres, soit près de deux milliards de dollars, moins de deux ans après l’ouverture du marché bancaire syrien aux investissements privés.
Cette croissance a surpris beaucoup d’observateurs, et ce, alors qu’au moins deux autres banques devraient lancer leurs opérations dans les semaines à venir, la Byblos Bank et la l’Arab Bank.
Le problème essentiel pour les banques reste cependant de dégager des profits alors que les opportunités d’investissement sont rares. La libéralisation rapide du commerce extérieur syrien, qui est intervenue ces dernières semaines à la suite de la chute de la monnaie nationale, devrait cependant permettre de générer de nouveaux revenus pour le secteur bancaire à travers le financement des opérations commerciales.
En coopération avec :The Syria report
editor@syria-report.com
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