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Actualités - Analyse

ANALYSE Une avancée majeure, mais peu susceptible de servir de modèle dans la région

Les législatives irakiennes de jeudi, même si elles constituent une avancée majeure pour le pays, sont peu susceptibles de servir de modèle pour la région, contrairement à ce qu’espèrent les États-Unis. Près de trois ans après l’invasion du pays et la chute du régime de Saddam Hussein, ce scrutin, qui a connu une forte participation et s’est déroulé dans un climat relativement calme, constitue un succès évident, dans un pays toujours déchiré par la violence. Il a été considéré « conforme aux normes internationales » par la Mission internationale pour les élections irakiennes (MIEI), qui a observé en Irak même le déroulement du vote. Dès la clôture du scrutin jeudi soir, les États-Unis se sont réjouis d’un « jour historique pour le peuple irakien, le Proche-Orient et le monde ». Les Irakiens « ont donné un exemple fort aux habitants des autres pays dans la région, qu’ils vivent en Iran ou en Syrie », a ainsi estimé le président américain George W. Bush. Pour autant, le silence des gouvernements de la région, à l’exception de celui de la Turquie, constitue une éloquente réponse aux espoirs américains nés de « l’initiative pour le Grand Moyen-Orient », lancée début 2004 pour promouvoir la démocratie dans cette région, récalcitrante à des élections libres, ou à l’idée même d’élection. Depuis cette date, des élections municipales partielles se sont tenues en Arabie saoudite, l’Égypte a connu sa première présidentielle pluraliste, la Syrie s’est retirée du Liban et Israël a évacué la bande de Gaza. Mais il est peu probable que l’Iran, placé à nouveau par George W. Bush sur « l’axe du mal », et la Syrie, mise en cause dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, s’inspirent prochainement de l’exemple irakien. Aucune élection n’est prévue en Syrie dans les prochains mois. Et la présidentielle iranienne a vu cette année l’élection de l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, qui multiplie depuis son arrivée au pouvoir les déclarations jugées provocatrices contre Israël. Pour Wamid Omar Nadhmi, professeur à l’université de Bagdad, ce n’est qu’après la publication des résultats, les négociations pour former une majorité et la formation d’un nouveau gouvernement que les législatives irakiennes auront valeur de démonstration. « Bush n’est pas logique avec lui-même et il a l’indignation sélective », accuse l’universitaire, en pointant du doigt les régimes autoritaires, comme celui d’Arabie saoudite, alliés des États-Unis et épargnés par ses critiques. M. Nadhmi, un sunnite, se dit bien davantage préoccupé par l’implication iranienne en Irak, à travers la liste religieuse chiite, qui avait remporté les élections en janvier, que par une éventuelle contagion démocratique de l’Irak vers les autres pays du Proche-Orient. « La question cruciale, pour tous les pays arabes qui ont entamé une longue marche vers une plus grande pluralité politique, c’est quelle marge de manœuvre cette ouverture donne aux groupes islamistes », écrivait The Economist en novembre. La transition démocratique en Égypte a ainsi été marquée, lors des législatives qui ont suivi la présidentielle, du 9 novembre au 7 décembre, par une poussée historique des Frères musulmans qui a été accompagnée par des violences parfois mortelles.

Les législatives irakiennes de jeudi, même si elles constituent une avancée majeure pour le pays, sont peu susceptibles de servir de modèle pour la région, contrairement à ce qu’espèrent les États-Unis.

Près de trois ans après l’invasion du pays et la chute du régime de Saddam Hussein, ce scrutin, qui a connu une forte participation et s’est déroulé dans un climat relativement calme, constitue un succès évident, dans un pays toujours déchiré par la violence. Il a été considéré « conforme aux normes internationales » par la Mission internationale pour les élections irakiennes (MIEI), qui a observé en Irak même le déroulement du vote. Dès la clôture du scrutin jeudi soir, les États-Unis se sont réjouis d’un « jour historique pour le peuple irakien, le Proche-Orient et le monde ». Les Irakiens...