L’administrateur délégué de la Juventus Turin, Antonio Giraudo, et le médecin du club de 1re division italienne, Riccardo Agricola, ont été relaxés en appel de l’accusation de fraude sportive, hier, par le tribunal de Turin.
Les deux hommes ont été également relaxés de l’accusation d’usage et de distribution d’EPO (érythropoïétine). Antonio Giraudo devra cependant payer une amende de 2 000 euros pour violation de la loi 626 de 1994 concernant la sécurité sur le lieu de travail. « C’est une grande journée, une fête pour le sport et pour la démocratie », s’est exclamé Luigi Chiappero, l’un des avaocats de la défense, après la lecture du verdict par le président de la cour.
Pour sa part, Antonio Giraudo n’a pas caché sa profonde satisfaction : « Justice est faite », a-t-il lancé, en confirmant qu’il n’avait jamais perdu espoir.
Le dirigeant turinois n’a pas épargné le technicien tchèque Zdenek Zeman, à l’origine de toute l’affaire : « Qu’il lise bien la sentence, il a tout son temps à présent... »
Même son de cloche chez le Dr Agricola : « Je suis réconforté aujourd’hui, mais personne ne pourra me rendre les sept ans perdus, destructifs sur le plan physique et moral », a-t-il confié. « Le blason de la Juve est intact. Je suis surtout satisfaite pour la mémoire de mon père (Vittorio Chiusano, président de la Juve disparu en juillet 2003), nous sortons propres (du procès) après tant d’années », a commenté l’avocate de la défense, Anna Chiusano.
« La loi 401 ne pouvait pas être appliquée, car il n’a pas été possible de prouver l’altération dans les performances sportives par l’utilisation de produits dopants. Toute l’accusation s’est donc écroulée », a expliqué Anna Chiusano.
Un procès-fleuve
Selon la première lecture de la sentence, la cour a affirmé en effet qu’il n’était pas possible d’appliquer cette loi datant de 1989 contre la fraude sportive.
Le tribunal s’était retiré pour délibérer après une brève répétition des plaidoiries de la défense qui avait demandé la relaxe pour les deux hommes.
Le procureur Raffaele Guariniello avait requis une peine de trois ans et deux mois de prison contre Riccardo Agricola, et une condamnation à deux ans de prison contre Antonio Giraudo.
Lors du procès de première instance, M. Giraudo avait été acquitté une première fois, alors que le docteur Agricola avait été condamné à une peine d’un an et 10 mois de prison. Il avait toutefois obtenu de ne pas aller en prison.
Ce procès-fleuve, le premier de ce genre dans l’histoire du Calcio, avait démarré en 2002, après une longue instruction du procureur du parquet de Turin, Raffaele Guariniello, à la suite de propos à sensation tenus en 1998 par l’entraîneur tchèque de l’AS Rome, Zdenek Zeman.
M. Zeman, joueur international dans les années 70, avait affirmé qu’il était « temps pour le football de sortir des pharmacies », en dénonçant « l’impressionnante masse musculaire » de certains joueurs de la Juventus.
L’accusation avait soutenu la thèse selon laquelle entre 1994 et 1998, le docteur Agricola, protégé par M. Giraudo, avait administré des médicaments aux joueurs pour améliorer leurs performances.
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