Consciente de l’importance de la langue comme un outil important d’ouverture vers les autres et vers le monde entier et parce que « cette ouverture ne peut plus se passer de ce que les technologies de l’information et de la communication offrent dans le domaine de la didactique », l’Université antonine a inauguré un Centre de langues et ressources (CLER).
La cérémonie d’ouverture a eu lieu hier, au siège de l’université, à Baabda, en présence notamment du recteur de l’université, le père Antoine Rajeh, de l’attaché culturel à l’ambassade des États-Unis, Ryan Gliha, du conseiller de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France, Frédéric Clavier, et de la responsable pôle du CLER, Cynthia Eid.
« Le CLER est un lieu d’apprentissage autodirigé en langues pour les étudiants spécialistes et non spécialistes », a expliqué Mlle Eid, soulignant que le centre offre également des formations aux enseignants et aux formateurs. Le centre offre la possibilité de travailler principalement le français et l’anglais à travers les technologies d’information et de communication ainsi que l’arabe et le libanais (pour les étrangers) et l’italien. D’autres cours de langues sont en phase de préparation, notamment l’espagnol, l’allemand, le japonais et le chinois.
Citant Amin Maalouf, qui avait déclaré que la langue « a cette merveilleuse particularité d’être à la fois facteur d’identité et instrument de communication » et qu’elle constitue « le pivot de l’identité culturelle », le père Rajeh a noté qu’il ne faut pas oublier que « la diversité linguistique est le pivot de toute diversité ». Il a également précisé que « les civilisations sont reliées entre elles par les plurilingues, qui agissent en amortisseurs de chocs identitaires et en catalyseurs de la communication intracommunautaire ».
Saluant « la valeur qu’attribuent les Libanais à l’éducation en général et à l’apprentissage des langues étrangères en particulier », M. Gliha a, pour sa part, affirmé qu’« à l’instar des États-Unis, le Liban est un leader dans le domaine de l’éducation ». Notant que l’avenir du pays est entre les mains de la jeunesse libanaise, M. Gliha a remarqué que le « rôle des éducateurs est de fournir à ces futurs leaders les outils » nécessaires qui leur permettent de conduire le pays vers l’avenir. « En encourageant vos étudiants à étudier l’anglais, l’Université antonine fournit la base qui leur permettrait de devenir les leaders de demain », a poursuivi M. Gliha, indiquant que « l’anglais est devenu la langue internationale ».
Clavier
Prenant la parole en dernier, M. Clavier a salué « le dynamisme et l’ancrage francophones » de l’Université antonine, « alliés à une qualité et à une exigence académiques résolument tournées vers l’avenir ». « La France, particulièrement attachée à l’acquisition de la langue française par le plus grand nombre et par les jeunes, quel que soit leur choix de formation, ne peut que saluer cette initiative de l’Université antonine », a-t-il ajouté, insistant sur l’optique envisagée par le CLER et qui « dépasse largement la technologie en soi pour appréhender l’acquisition d’une autonomie de l’apprenant, d’un savoir-apprendre transférable bien au-delà de l’acquisition d’une langue ».
« Néanmoins, cette projection vers l’avenir n’aurait de sens sans la garantie d’un encadrement de qualité », a souligné M. Clavier, se félicitant « du profil tant académique qu’humain de l’équipe d’enseignants en charge de ce projet ».
Et de remarquer : « La francophonie n’est pas simplement un projet visant à se regrouper autour du partage de la langue française, mais bien un idéal politique qui vise à la promotion du plurilinguisme et du multiculturalisme. L’Université antonine (…) le sait bien et sa revendication de la francophonie dépasse les frontières de la langue française. »
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