La ministre des Affaires sociales, Nayla Moawad, a affirmé hier que « l’implication de l’appareil sécuritaire dans l’assassinat de Rafic Hariri nécessite l’éloignement de tous ceux qui ont contribué à établir l’hégémonie du régime (sécuritaire) sur la vie politique ». « Par conséquent, ces personnes doivent être démises de leurs responsabilités. Aussi j’appelle une fois de plus le président Lahoud à démissionner, parce qu’il était à la tête du régime sécuritaire prorogé de manière arbitraire, au lieu d’essayer d’obtenir l’aide de telle ou telle partie pour acquérir une légitimité qui lui fait défaut », a indiqué Mme Moawad, dans le cadre d’un iftar qu’elle a donné à Tripoli.
« Chaque jour supplémentaire que le président Lahoud passe à la présidence l’isole davantage tant sur le plan interne qu’externe, et affaiblit le rôle et la dignité de la présidence de la République, ce qui entrave la marche vers le renouveau du Liban et sape les fondements d’un partenariat équilibré », a ajouté Mme Moawad.
La ministre a par ailleurs souhaité que « le régime syrien collabore sérieusement » pour que la lumière soit faite sur l’assassinat de Rafic Hariri, « au lieu d’essayer d’entraver le cours de l’enquête et d’organiser des manifestations qui ne font qu’augmenter la tension dans les relations libano-syriennes ». « Il est temps de dissocier les relations historiques entre les deux peuples de la logique de la tutelle et de l’asservissement, et de séparer entre l’avenir de ces relations et l’avenir des criminels impliqués dans l’assassinat de Hariri. J’affirme cela de Tripoli, qui était toujours attachée aux relations entre les deux peuples et qui a payé très cher le prix de l’arabité tronquée des moukhabarat et de la logique de la tutelle », a-t-elle ajouté.
Gebran Tuéni
De son côté, le député Gebran Tuéni a affirmé qu’« un président de la République isolé, et à qui personne ne parle ni sur le plan interne ni sur le plan international, ne peut pas se maintenir au Liban ». Dans un entretien accordé à la Voix du Liban, M. Tuéni a estimé que « le président Lahoud assume, qu’il le veuille ou non, au moins une responsabilité morale » dans l’affaire Hariri. « Il assume également la responsabilité principale de l’alliance avec un régime qui a failli annihiler le Liban et qui a occupé ce pays durant trente ans. Ce président est peut-être le dernier allié du régime syrien dans le monde, pour ne pas dire dans l’ensemble du monde arabe. De plus, il continue de défendre avec pugnacité le régime sécuritaire », a indiqué le député de Beyrouth.
« Nous ne pourrons accepter aucun président qui nous sera imposé par une partie, quelle qu’elle soit. Le nouveau président devra représenter tous les Libanais, et doit avoir l’aval des chrétiens », a-t-il poursuivi. C’est pourquoi la dynamique pour le choix d’un nouveau président doit selon lui commencer au niveau chrétien, puis se poursuivre à l’échelle nationale, et Bkerké doit jouer un rôle principal au niveau de la définition des critères du nouveau chef de l’État. « Il y a certains candidats qui représentent les valeurs que nous avons défendues le 14 mars, et celui parmi eux qui accèdera à la présidence nous représentera, le général Aoun compris. Chacun des noms qui sont évoqués est accepté sur le plan chrétien et sur le plan national. Chacun a ses avantages et ses inconvénients. Nous voulons un président qui rende sa fierté au Liban et à la communauté chrétienne », a-t-il conclu.
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