L’assistance vidéo pour les arbitres que souhaite tester le président de la Ligue française de football professionnel (LFP), Frédéric Thiriez, pose de nombreuses questions sur ses modalités d’application et ses éventuelles conséquences sur l’avenir du ballon rond.
Quelles actions ?
La LFP a retenu trois critères pour le recours à la vidéo, à l’initiative de l’arbitre de champ : vérifier si la ballon a bien franchi la ligne de but, confirmer si une faute a été commise dans la surface de réparation ou en dehors et juger si un but a été marqué de la main. C’est a priori un choix minimaliste, dont sont exclus deux des principaux sujets de discorde du football: le hors-jeu et la réalité d’un penalty (faute ou simulation ?). Les partisans de la vidéo avancent que, à défaut d’éviter toutes les erreurs, on pourra au moins limiter quelques criantes injustices et citent l’exemple réussi du rugby. Les opposants estiment, eux, qu’on ouvre une boîte de Pandore et qu’il sera par la suite très difficile de définir dans quels cas et à la demande de qui (entraîneurs, quatrième arbitre, arbitre de champ ?) interviendra la vidéo.
Quelles conséquences ?
L’argument n° 1 des providéo est de rendre un peu de crédibilité aux arbitres en les dotant à leur tour d’un outil qui est à la disposition de millions de téléspectateurs. L’ex-arbitre international M. Quiniou, favorable à l’expérience, assure ainsi que les arbitres verront leur autorité renforcée. Mais les détracteurs rétorquent que l’interprétation des images est parfois sujette à controverse. L’autre argument contre est celui du rythme du match, le football supportant mal d’être « haché » par les arrêts de jeu.
Incontestable ?
Le recours à la vidéo aurait certes permis d’annuler le but de la main de Maradona contre l’Angleterre lors du Mondial 86. Mais d’autres cas ont récemment montré les limites de l’exercice. Lors du Brésil-Norvège (1-2), au Mondial 98, l’arbitre avait accordé un penalty aux Norvégiens qui, au vu des images du direct, semblait imaginaire. Mais une autre vidéo, filmée sous un autre angle, diffusée le lendemain, montra qu’il y avait bien eu faute d’un défenseur brésilien. Plus récemment, lors de la demi-finale retour de Ligue des champions Liverpool-Chelsea (1-0), en mai, aucune image vidéo n’avait été capable de prouver avec certitude que le ballon avait bien franchi la ligne.
Quels moyens techniques ?
L’assistance vidéo ne pourra évidemment pas être appliquée à tous les niveaux (division 1 seulement et pas division 2 ? Finale de Coupe seulement et pas les premiers tours ?) et pas dans tous les pays. La FIFA, qui se veut garante de l’universalité du jeu, en fait son premier argument pour s’opposer à la vidéo. M. Thiriez répond que le football, en raison des enjeux financiers très différents d’un coin à l’autre de la planète, n’est déjà plus universel. Se pose par ailleurs la question de l’indépendance des images quand on sait que, en France, les moyens techniques seraient ceux de Canal+, qui possède lui-même le Paris-SG. Et lors d’un match international, les moyens techniques seraient-ils ceux du pays recevant ?
D’autres moyens pour aider l’arbitre ?
Sur le plan technique, la FIFA défend l’idée des « ballons intelligents », munis d’une puce, pour dire si le ballon a bien franchi la ligne de but. Preuve qu’elle n’est pas entièrement hostile aux avancées technologiques. Michel Platini, comme d’autres, préconise, lui, un nombre d’arbitres plus important sur le terrain. Mais les autres pistes souvent avancées consistent à renforcer l’utilisation de la vidéo après les matches pour sanctionner les mauvais gestes qui auraient échappé à l’arbitre de champ, punir plus durement les déclarations des dirigeants et joueurs, mais aussi davantage protéger l’arbitre sur le terrain en introduisant, pourquoi, pas certaines dispositions d’autres sports, comme l’exclusion temporaire.
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Quelles actions ?
La LFP a retenu trois critères pour le recours à la vidéo, à l’initiative de l’arbitre de champ : vérifier si la ballon a bien franchi la ligne de but, confirmer si une faute a été commise dans la surface de réparation ou en dehors et juger si un but a été marqué de la main. C’est a priori un choix minimaliste, dont sont exclus deux des principaux sujets de discorde du football: le hors-jeu et la réalité d’un penalty (faute ou simulation ?). Les partisans de la vidéo avancent que, à défaut d’éviter toutes les erreurs,...