Les chiites du Sud pourront
former un embryon d’État
le 17 octobre 2005 à 00h00
Le projet de Constitution irakienne offre aux chiites du sud du pays, riche en pétrole, la possibilité de constituer un embryon d’État en rassemblant plusieurs provinces en une seule région.
Une opportunité que le chef du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII), Abdel-Aziz Hakim, avait relevé, publiquement, en août dernier. Jetant un véritable pavé dans la mare, le leader chiite avait jugé « nécessaire une zone autonome dans le centre et le sud de l’Irak étant donné les liens communs entre les habitants de cette région », à majorité chiite.
Si cette déclaration du chef du premier parti représenté au Parlement n’a pas gêné les Kurdes, qui disposent déjà d’une région autonome regroupant trois provinces dans le Nord, elle a, en revanche, provoqué un tollé chez les sunnites, présents surtout dans l’ouest et le nord du pays. « Le fédéralisme est un complot visant à démembrer » l’Irak, avait ainsi tonné cheikh Mehdi al-Soumaïday, membre du Comité des ulémas musulmans, la principale association religieuse sunnite.
Mais les chiites, grands vainqueurs des élections de janvier avec les Kurdes, étaient en position de force au sein de la commission de rédaction de la Constitution. Ils ont imposé un article stipulant que l’Assemblée nationale, qui sera élue après l’adoption de la Constitution, devra adopter dans les six mois une loi fixant les conditions pour que deux ou plusieurs des dix-huit provinces d’Irak puissent former une région. Selon un responsable du CSRII, les chiites pourraient revendiquer la création d’une région regroupant jusqu’à neuf provinces au sud de la capitale.
Les projets avoués de M. Hakim pourraient être cependant mis à mal par les divisions parcourant sa communauté. « Il n’est pas certain que les gens de Moqtada Sadr, qui sont essentiellement à Bagdad, apprécient d’être relégués au rang de citoyens de seconde zone », remarque un observateur étranger dans la capitale. Ce chef religieux chiite radical pourrait ainsi s’opposer aux plans du CSRII, et il dispose pour cela d’un argument de poids. Une bonne partie des deux millions de chiites qui habitent Bagdad lui obéissent aveuglément.
Le projet de Constitution irakienne offre aux chiites du sud du pays, riche en pétrole, la possibilité de constituer un embryon d’État en rassemblant plusieurs provinces en une seule région.
Une opportunité que le chef du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII), Abdel-Aziz Hakim, avait relevé, publiquement, en août dernier. Jetant un véritable pavé dans la mare, le leader chiite avait jugé « nécessaire une zone autonome dans le centre et le sud de l’Irak étant donné les liens communs entre les habitants de cette région », à majorité chiite.
Si cette déclaration du chef du premier parti représenté au Parlement n’a pas gêné les Kurdes, qui disposent déjà d’une région autonome regroupant trois provinces dans le Nord, elle a, en revanche, provoqué un tollé chez les sunnites,...
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