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Actualités - Chronologie

Les sunnites craignent d’être les grands perdants du nouvel Irak

Les sunnites, à la tête du pays depuis la naissance d’un État moderne irakien, se sont vu déposséder de tous les leviers du pouvoir avec la chute de Saddam Hussein et craignent d’être les grands perdants de l’instauration d’un Irak fédéral. À la suite des élections générales du 30 janvier, boycottées par cette communauté, les chiites et les Kurdes sont en effet devenus les nouveaux maîtres du pays et ont pesé de tout leur poids pour inscrire leur revendication dans le projet de Constitution. Lors d’un amendement de dernière minute, les rédacteurs du projet ont laissé le soin au futur Parlement issu des élections de décembre de régler les points-clés, souvent rédigés de manière floue et ambiguë. Un compromis qui visait à rallier les sunnites au projet. Or, le Parlement qui sera élu en décembre prochain a de grandes chances d’être à nouveau dominé par les chiites, qui représentent environ 60 % de la population irakienne, contre quelque 20 % pour les Arabes sunnites. Aujourd’hui, les sunnites craignent moins l’établissement d’une région au Nord, où les Kurdes disposent déjà d’une zone largement autonome, que la création d’une région chiite au centre et au Sud, tous deux disposant d’un grand potentiel pétrolier. « Les sunnites arabes voient (les dispositions sur le fédéralisme) comme un complot communautaire pour diviser l’Irak, qui ne leur laisserait qu’une région centrale enclavée, dépourvue de ressources », soulignait récemment dans un rapport le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG). « Les Arabes sunnites seront clairement les perdants si le document est adopté », ajoutait-il, prédisant la création d’« une superrégion composée de neuf provinces à majorité chiite » au sud de Bagdad. « Nous ne sommes pas opposés au fédéralisme, mais nous sommes opposés à celui inscrit dans le projet de texte », affirmait la semaine dernière Ayad Sammaraï, le porte-parole du Parti islamique, la principale formation politique sunnite du pays. Mettant l’accent sur la question cruciale des ressources, il souhaitait qu’elles soient « gérées au niveau fédéral et destinées à l’ensemble des Irakiens ».
Les sunnites, à la tête du pays depuis la naissance d’un État moderne irakien, se sont vu déposséder de tous les leviers du pouvoir avec la chute de Saddam Hussein et craignent d’être les grands perdants de l’instauration d’un Irak fédéral.
À la suite des élections générales du 30 janvier, boycottées par cette communauté, les chiites et les Kurdes sont en effet devenus les nouveaux maîtres du pays et ont pesé de tout leur poids pour inscrire leur revendication dans le projet de Constitution.
Lors d’un amendement de dernière minute, les rédacteurs du projet ont laissé le soin au futur Parlement issu des élections de décembre de régler les points-clés, souvent rédigés de manière floue et ambiguë. Un compromis qui visait à rallier les sunnites au projet. Or, le Parlement qui sera élu en décembre...