Israël fait face à un dilemme : comment s’opposer à la participation du mouvement islamiste Hamas aux législatives palestiniennes de janvier sans être accusé de grossière ingérence ?
Sur le plan des principes, la position du gouvernement d’Ariel Sharon est nette et s’appuie sur un large consensus en Israël : aussi longtemps que le Hamas ne désarme pas, ne renonce pas à détruire l’État hébreu et à poursuivre les attentats, il ne doit pas participer au scrutin prévu le 25 janvier. Sur le plan pratique, la position est plus ambiguë de crainte de paraître s’immiscer dans les affaires palestiniennes, voire de faire ainsi le jeu du Hamas.
« Notre opposition à la participation du Hamas n’implique aucune intervention dans le scrutin », a ainsi soutenu un proche de M. Sharon. « Nous ne pouvons qu’être opposés à la participation du Hamas qui est une organisation terroriste, mais nous n’envisageons pas d’arrêter des responsables politiques qui ne sont pas impliqués dans des attentats », a ajouté ce haut responsable qui a requis l’anonymat. De son côté, le chef du Conseil national de sécurité israélien, le général de réserve Gioara Eiland, a également établi un distinguo entre « l’opposition de principe » d’Israël et des « actions pratiques » qui pourraient en découler. « Sur le plan des principes, il faut placer l’Autorité palestinienne devant ses responsabilités et réaffirmer que la participation d’un mouvement qui enlève, assassine des citoyens israéliens et envoie des bombes humaines comme en Irak est inadmissible », a-t-il déclaré à la radio publique. « Quant à savoir ce qu’il faut faire sur le plan pratique et s’il faut ou non aider à la tenue du scrutin, ce sont des choses qui nécessitent un dialogue plus discret et il ne faut pas donner l’impression d’une ingérence grossière », a-t-il poursuivi.
Des experts israéliens estiment pour leur part qu’Israël ne peut éviter l’ambivalence. « Israël n’a pas d’alternative. Impossible d’accepter qu’un mouvement comme le Hamas qui entend créer un État taliban participe aux élections », estime l’ancien directeur général du ministère des Affaires étrangères, David Kimche. « Mais de l’autre côté, on ne peut entraver les élections » comme en a menacé M. Sharon. Selon lui, beaucoup va dépendre de la rencontre à Washington le 20 octobre entre le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas et le président George W. Bush. « Si Abbas convainc les États-Unis qu’il faut intégrer le Hamas dans le jeu politique et non le désarmer, il sera très difficile à Israël de s’y opposer », estime-t-il.
Washington a paru assouplir sa position en septembre sur la participation du Hamas aux élections. La secrétaire d’État, Condoleezza Rice, a bien dénoncé la « contradiction fondamentale » que représente la participation d’un mouvement armé au scrutin, mais souligné que la démocratie palestinienne était une « démocratie de transition » qui a besoin d’une certaine marge de manœuvre.
Hier, l’Autorité palestinienne a de nouveau rejeté les pressions d’Israël pour empêcher la participation du Hamas. « Israël n’a aucun droit d’intervenir dans ce scrutin qui est une affaire interne palestinienne », a déclaré le négociateur en chef palestinien, Saëb Erakat. Le Hamas a réalisé de bons scores face au Fateh, le mouvement de M. Abbas, dans une série de municipales ces derniers mois. Selon les sondages, ce mouvement devrait confirmer sa percée lors de sa première participation à des législatives, sans toutefois l’emporter sur le Fateh.
En outre, les Palestiniens vont s’engager dans une charte de bonne conduite électorale, qui doit être signée aujourd’hui, à respecter les résultats du scrutin législatif et à ne pas prendre les armes pendant la campagne, selon le concepteur de ce texte. Directeur de la Fondation de la pensée arabe, Abderrahmane Abou Arfa a indiqué samedi à l’AFP que treize mouvements palestiniens devant participer aux élections ont accepté de signer le document. Le Jihad islamique a refusé, lui, de le parapher.
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Sur le plan des principes, la position du gouvernement d’Ariel Sharon est nette et s’appuie sur un large consensus en Israël : aussi longtemps que le Hamas ne désarme pas, ne renonce pas à détruire l’État hébreu et à poursuivre les attentats, il ne doit pas participer au scrutin prévu le 25 janvier. Sur le plan pratique, la position est plus ambiguë de crainte de paraître s’immiscer dans les affaires palestiniennes, voire de faire ainsi le jeu du Hamas.
« Notre opposition à la participation du Hamas n’implique aucune intervention dans le scrutin », a ainsi soutenu un proche de M. Sharon. « Nous ne pouvons qu’être...