L’euro a redressé la tête face au dollar hier sur des marchés de change plus prudents quant à l’évolution des taux d’intérêt américains et au risque d’un creusement du déficit commercial aux États-Unis. Le dollar paraissait donc souffrir dès le milieu de la journée de l’adoption par les opérateurs d’une lecture plus prudente des minutes de la réunion du 20 septembre de la Réserve fédérale américaine (Fed). Celle-ci avait, la veille, réitéré les craintes inflationnistes laissant présager de nouvelles hausses des taux d’intérêt américains, facteur favorable au billet vert. Mais les cambistes ont réexaminé le texte de ces minutes de la Fed hier et l’ont analysé plus prudemment, pour en conclure que le cycle de hausse des taux aux États-Unis pourrait prendre fin d’ici peu, soit en décembre, soit en janvier, avec le départ de son président Alan Greenspan. Et comme les marchés ont déjà intégré une très forte probabilité que les taux d’intérêt américains montent jusqu’à 4,5 % en janvier, contre 3,75 % actuellement, une grande partie du resserrement est déjà intégrée dans les cours. C’est pour cette raison que l’euro a repris de la vigueur face au dollar et qu’il a bien résisté à l’intervention de Greenspan, hier, devant la National Italian American Foundation. À cette occasion, M. Greenspan n’a fourni aucun indice supplémentaire sur l’évolution des taux, se contentant de souligner « la remarquable capacité de l’économie américaine à absorber et à se remettre des chocs liés aux krachs des marchés et du crédit, au terrorisme et aux cyclones ». Les opérateurs ont été, en outre, réticents à acheter des dollars avant la publication aujourd’hui des chiffres de la balance commerciale américaine d’août. Le consensus des économistes d’un déficit de 59 milliards $ contre 57,9 milliards $ en juillet a déçu le marché, car il le rapprocherait du déficit record de février qui était de 60,4 milliards $. Dans ce contexte, plusieurs intervenants ont estimé devoir prendre leurs gains sur le billet vert, ce qui a largement profité à l’euro qui est parvenu à recouvrer une bonne partie du terrain cédé la veille. Il s’est élevé, en effet, à New York en fin de journée, à 1,2030 $ contre 1,1990 $ mardi, en hausse de 0,33 %.
Les Bourses dans le rouge
La Bourse américaine a poursuivi son repli, plombée par des résultats d’entreprises jugés décevants. Les inquiétudes sur les prix du brut et les craintes de hausse des taux par la Fed ont également pesé sur la tendance. Du côté des sociétés, les résultats d’Apple ont été jugés décevants ainsi que ceux d’Advanced Micro Devices, alors qu’Intel souffrait d’une note négative d’analystes. L’annonce par Monsanto d’une perte nette de 125 millions $ au 4e trimestre a également assombri le climat entourant la cote.
Les Bourses européennes ont renoué avec la baisse, affectées par la hausse du pétrole et de l’euro. Les sociétés exportatrices et celles les plus consommatrices d’énergie ont été les principales perdantes. Les fabricants de semi-conducteurs ont aussi pâti des mauvais résultats des sociétés américaines du secteur. Les pharmaceutiques ont été sous pression après avoir atteint des niveaux anormalement élevés.
À la Bourse de Beyrouth, les actions A et B de Solidere ont subi la pression des ventes bénéficiaires, les ramenant de 12,93 $ à 12,65 $ et de 13,06 $ à 12,56 $ respectivement.
Élie KAHWAGI
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