Le chef de l’AIEA, Mohammed el-Baradei, est le quatrième Égyptien à obtenir le prix Nobel, rejoignant Anouar Sadate (Nobel de la paix), Naguib Mahfouz (Nobel de littérature) et Ahmed Zoweil (Nobel de chimie) au panthéon des Égyptiens lauréats du prestigieux prix. Voici un bref portrait de ces trois derniers :
– Anouar Sadate, prix Nobel de la paix en 1978, après avoir signé le premier traité de paix d’un pays arabe avec Israël. Né en 1918 dans le village de Mit Aboul-Koum, gouvernorat de Menoufiyeh (delta), M. Sadate fait des études à l’Académie royale militaire du Caire. En 1948, il participe avec Gamal Abdel Nasser à un groupe clandestin, « Les officiers libres », dont le but est d’obtenir l’indépendance du pays de la colonisation britannique. En 1952, il figure parmi les dirigeants de la révolution égyptienne qui provoque la chute puis l’exil du roi Farouk. Éternel second en tant que vice-président de l’Égypte de 1964 à 1966 et à nouveau en 1969, il est élu président en 1970 à la suite de la mort de M. Nasser. C’est grâce aux accords de Camp David qu’il obtient avec le Premier ministre israélien Menahem Begin le prix Nobel de la paix. Mais c’est aussi à cause de ce traité qu’il est assassiné par des militants islamistes en octobre 1981.
– Naguib Mahfouz, prix Nobel de littérature en 1988. Né en 1911 au Caire, Naguib Mahfouz est l’auteur d’une cinquantaine de romans, dont la célèbre trilogie L’impasse des deux palais, Le palais des désirs et Le sucrier, véritables Mémoires du Caire du début du XXe siècle. Qualifié de « quatrième pyramide d’Égypte », cet écrivain prolifique et assidu est aussi scénariste. Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma égyptien. Les islamistes égyptiens jugent « blasphématoire » son roman Les enfants de notre quartier, publié en 1959, dans lequel il personnifie Dieu comme le patriarche autocratique d’une famille dont les membres sont des prophètes. En octobre 1994, il est victime d’un attentat commis par des islamistes, qui invoquent cet ouvrage comme motif de leur attaque. Grièvement blessé à la carotide, le prix Nobel qui a toujours refusé d’utiliser la machine à écrire, restant fidèle à la plume et au papier, ne peut plus écrire depuis.
– Ahmed Zoweil, prix Nobel de chimie en 1999. Le savant égyptien, qui possède également la nationalité américaine, a été récompensé pour avoir réussi à photographier, à l’aide d’un laser très rapide, les atomes d’une molécule en train de bouger durant une réaction chimique. Pour réussir, il a utilisé la nouvelle unité très rapide : la femtoseconde. Ahmed Zoweil est né en 1946 dans le gouvernorat de Beheira (delta). En 1967, il est premier de sa promotion au département de sciences de la faculté des sciences de l’Université d’Alexandrie. En 1969, il quitte l’Égypte pour préparer un doctorat de l’Université de Pennsylvanie, qu’il obtient en 1974. En 1995, il reçoit l’Ordre du Mérite égyptien pour sa contribution au progrès de la science.
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