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Actualités - Opinion

Autour du dossier sécurité, des complications politiques multiples

Un an. Cela fait un an aujourd’hui que Marwan Hamadé a failli perdre la vie dans un attentat. Et malgré tout ce temps écoulé, malgré les indications recueillies de diverses sources comme de la bouche même du ministre, les autorités continuent à soutenir qu’elles ne tiennent entre les doigts aucun fil conducteur. Il va sans dire que le dossier de la sécurité et le spectre de la terreur focalisent les préoccupations des Libanais et l’attention des cercles politiques. Cette priorité nationale évidente n’empêche pas les conflits entre les protagonistes du cru, mais les attise. Le débat en Conseil des ministres a été houleux et il ne s’en est dégagé aucune orientation claire pour protéger le pays. Tout ce que l’on a pu en conclure, c’est que comme jadis, sous le regretté président Hariri, le pouvoir se trouve divisé en deux camps. Représentés principalement par le Hezbollah et le Courant du futur. Formations qui n’arrivent manifestement pas à s’entendre sur un dénominateur commun minimal pour tracer la voie à suivre, maintenant que la tutelle syrienne est levée. Malgré les tensions suscitées par l’attentat contre May Chidiac, malgré le fait que toutes les parties reconnaissent que la scène libanaise est exposée, malgré le cri de la population appelant l’État à prendre des mesures pour contrer le complot terroriste, le blocage persiste. Le Conseil des ministres a perdu son temps en prises de bec entre les ministres, comme entre certains d’entre eux et le chef de l’État. Sans même approuver le plan de restructuration des services de sécurité élaboré par le ministre de l’Intérieur avec le concours du département de la Défense. Et sans aborder les nominations. Les discussions, qui n’ont abouti à aucune décision, ont surtout porté sur la question d’une demande éventuelle d’aide technique, policière et judiciaire que le Liban ferait à certaines puissances. Comme à l’ONU, qui, selon le président en exercice du Conseil de sécurité, n’attend qu’un signe de lui pour voler à son secours. Obstacle ignoré Certaines composantes du pouvoir ont voulu faire la fine bouche en soutenant que l’assistance extérieure aurait des retombées sur la situation politique interne, en ce sens que les puissances exploiteraient le créneau de l’aide pour assurer leur domination sur ce pays. Bien évidemment, ce sont les ministres représentant Amal et le Hezbollah, mais également le ministre joumblattiste Ghazi Aridi, qui ont défendu cette thèse du refus. Visant nommément le recours technique aux Américains, défendu par d’autres ministres qui ont finalement obtenu gain de cause, le Hezbollah et Amal faisant cependant enregistrer leurs réserves. Pour une fois, la majorité gouvernementale a su dépasser les réserves des contestataires car le sujet de la protection sécuritaire est évidemment vital, c’est bien le mot. Aussi Fouad Siniora a-t-il pris la précaution de parler à l’opinion après la séance, à la place de Ghazi Aridi. Pour rappeler que le pays recourt depuis des années à l’aide technologique étrangère, qu’il n’y a là rien de nouveau. Ajoutant qu’il n’est question ni de suivisme ni de substituer une tutelle à une autre, les aides devant être inconditionnelles. À part la ratification de ce principe, le Conseil des ministres s’est contenté de déférer l’attentat contre May Chidiac devant la Cour de justice. Le projet d’en appeler au Conseil de sécurité pour une enquête globale sur les actes terroristes commis au Liban depuis l’attentat contre Marwan Hamadé s’est heurté à l’opposition du Hezbollah qui affirme qu’il y aurait là internationalisation de la justice libanaise et mise sous tutelle du pays, avec entrave de son rôle politique et de sa démocratie. La confrontation risque de perdurer. Walid Joumblatt semble pour sa part se situer actuellement dans le no man’s land séparant le 8 mars du 14 mars. Il pourrait dès lors tenter de rapprocher les points de vue. Lors de la séance du jeudi, ses ministres se sont partagés entre les deux camps, sans paraître se soucier de se montrer désunis. Quoi qu’il en soit, la question qui se pose pour le moment est de savoir si le Courant du futur et le Hezbollah vont tenter de dialoguer, pour trouver un terrain d’entente, notamment sur la 1559. Ou s’ils vont choisir d’attendre le rapport Mehlis et ses retombées. Sur le plan global, la sécurité va de nouveau être, mardi prochain, au centre des débats en Conseil des ministres. Avec l’espoir qu’on s’efforcerait de la considérer sous un angle national, sans connotations politisées, confessionnelles ou clientélistes. On sait à ce propos que le projet Sabeh prévoit, dans le prolongement du précédent projet de budget Siniora, de supprimer la direction générale de la Sûreté d’État, qui avait été créée pour donner une part à Nabih Berry. Les éléments relevant de ce service seraient répartis entre la Sûreté générale et les FSI. Ce qui paraît d’autant plus logique que beaucoup d’entre eux ont pour mission de servir d’escorte de protection à des personnalités politiques. Enfin, selon certains professionnels, une fois le plan Sabeh adopté, on procéderait aux nominations sécuritaires, sur base d’un panier global. Philippe ABI-AKL
Un an. Cela fait un an aujourd’hui que Marwan Hamadé a failli perdre la vie dans un attentat. Et malgré tout ce temps écoulé, malgré les indications recueillies de diverses sources comme de la bouche même du ministre, les autorités continuent à soutenir qu’elles ne tiennent entre les doigts aucun fil conducteur.
Il va sans dire que le dossier de la sécurité et le spectre de la terreur focalisent les préoccupations des Libanais et l’attention des cercles politiques. Cette priorité nationale évidente n’empêche pas les conflits entre les protagonistes du cru, mais les attise. Le débat en Conseil des ministres a été houleux et il ne s’en est dégagé aucune orientation claire pour protéger le pays. Tout ce que l’on a pu en conclure, c’est que comme jadis, sous le regretté président Hariri, le pouvoir se...