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ÉCLAIRAGE Sharon a peut-être remporté une manche, mais pas la partie

En remportant un vote crucial au Likoud, le Premier ministre israélien Ariel Sharon a gagné une bataille contre Benjamin Netanyahu pour la direction du parti, mais la partie n’est pas encore finie. Ariel Sharon l’a emporté lundi à l’arraché, ayant obtenu seulement 104 voix de plus que son rival sur les 2 789 membres du comité central du plus grand parti de la droite en Israël, qui ont participé au scrutin. Les primaires du Likoud, qui doivent désigner celui qui mènera le parti aux prochaines législatives pour briguer un mandat de Premier ministre, auront donc lieu comme prévu au printemps 2006, et ne seront pas avancés à novembre 2005 comme le souhaitait M. Netanyahu. Mais si le Premier ministre peut savourer sa victoire sur son ennemi juré, il n’a cependant pas la certitude de remporter les primaires qui doivent se dérouler normalement six mois avant les législatives. « Il a réussi à mettre à terre Netanyahu, mais celui-ci va se relever et la bataille va se poursuivre », explique l’analyste politique israélien Gideon Doron. Après le succès du retrait des colons et soldats israéliens de la bande de Gaza, achevé le 12 septembre, Ariel Sharon peut s’accorder une période de répit, n’ayant pas à affronter des élections primaires anticipées. Mais elle s’annonce de courte durée, le vote du budget de l’État 2006 au Parlement, prévu d’ici à la fin décembre, pouvant provoquer une crise. Le Parti travailliste s’était en effet associé au gouvernement Sharon seulement en vue du retrait de Gaza et il n’est pas certain qu’il voterait en faveur du budget. Il pourrait même décider de quitter la coalition et tenter de provoquer des législatives anticipées. « Le gouvernement ne réussira pas à faire voter le budget si les travaillistes et Netanyahu votent contre », explique M. Doron, professeur à l’université de Tel-Aviv. Bien que M. Netanyahu ait essuyé une cuisante défaite la veille, il reste déterminé à continuer son combat contre M. Sharon pour récupérer le poste de Premier ministre qu’il a perdu lors des élections de 1999. Pour le commentateur Yoram Peri, le vote du Likoud en faveur du Premier ministre n’est pas un signe de soutien à ce dernier. « Tout le monde pensait hier: “Pourquoi mettre fin à un gouvernement qui peut rester au pouvoir encore six mois et dont les vaches ont encore du lait à nous donner ? ” « Mais au fond d’eux, ils détestent Sharon. Beaucoup au parti n’ont pas accepté sa nouvelle ligne politique et il ne faut pas oublier ceux qui le détestent personnellement ou pensent toujours qu’il va quitter le parti », ajoute-t-il. La situation pourrait se compliquer davantage si M. Netanyahu remportait les primaires, les membres du Likoud semblant davantage pro-Netanyahu que pro-Sharon. Dans ce cas, les spéculations vont bon train sur la possibilité de voir M. Sharon et ses alliés faire scission pour former un nouveau parti. « Je ne pense pas qu’il veuille une scission parce qu’il sait, et l’histoire le prouve, que ceux qui font cela se mettent en danger. Il sait aussi qu’il ne peut plus contrôler le parti », explique Yoram Peri. La confusion régnant au Likoud, la faiblesse du Parti travailliste depuis sa défaite électorale de 2003 et la nouvelle donne créée par le retrait de Gaza ont donné des arguments aux partisans d’un remodelage du paysage politique en Israël. « Jamais nous n’avons connu un tel décalage entre le paysage politique traditionnel et la société civile », déplore M. Peri. Chris Otton/AFP
En remportant un vote crucial au Likoud, le Premier ministre israélien Ariel Sharon a gagné une bataille contre Benjamin Netanyahu pour la direction du parti, mais la partie n’est pas encore finie.
Ariel Sharon l’a emporté lundi à l’arraché, ayant obtenu seulement 104 voix de plus que son rival sur les 2 789 membres du comité central du plus grand parti de la droite en Israël, qui ont participé au scrutin. Les primaires du Likoud, qui doivent désigner celui qui mènera le parti aux prochaines législatives pour briguer un mandat de Premier ministre, auront donc lieu comme prévu au printemps 2006, et ne seront pas avancés à novembre 2005 comme le souhaitait M. Netanyahu. Mais si le Premier ministre peut savourer sa victoire sur son ennemi juré, il n’a cependant pas la certitude de remporter les primaires qui doivent...