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ÉCLAIRAGE Des officiers israéliens menacés de poursuites internationales

Des officiers supérieurs israéliens se retrouvent sous la menace de poursuites internationales pour des « crimes de guerre » alors qu’ils n’ont jamais eu à devoir rendre des comptes à des tribunaux en Israël. Pour calmer leurs inquiétudes, la ministre de la Justice, Tzipi Livni, a assuré hier que l’État « assurera la défense de toute personne poursuivie pour des actes commis » en son nom, notamment dans la répression de l’intifada. Elle s’est engagée publiquement à faire tout son possible pour « empêcher des poursuites judiciaires à l’étranger en convainquant les gouvernements de changer leur législation à ce sujet ». Dimanche, sous la menace d’une interpellation, l’ancien commandant de la région sud d’Israël, le général de réserve Doron Almog, a préféré ne pas descendre d’avion à l’aéroport international de Heathrow, près de Londres. Il se trouvait dans un avion d’El Al, la compagnie aérienne israélienne, au cours du vol vers Londres, lorsqu’il a été averti par le ministère des AE qu’une plainte avait été déposée contre lui pour « crimes de guerre » à l’encontre de Palestiniens. Il lui est notamment reproché son implication éventuelle dans le bombardement qui avait tué quinze personnes le 22 juillet 2002 à Gaza. Un F16 avait largué une bombe d’un tonne, tuant, outre Salah Chéhadé, chef de la branche armée du mouvement islamiste Hamas, sa femme et huit enfants. Pour éviter d’être arrêté, le général est resté dans l’appareil et est reparti pour Israël. Un mandat avait été délivré par un juge britannique à la demande d’un cabinet juridique de Londres, spécialisé dans la défense des droits de l’homme, saisi par le Centre palestinien des droits de l’homme, basé à Gaza. Cet organisme a demandé hier aux autorités britanniques l’ouverture d’une enquête sur les « circonstances qui ont permis au général Almog d’échapper à des poursuites » judiciaires. « Nous représentons des centaines de victimes palestiniennes et nous n’avons pas l’intention de nous en tenir au seul général Almog, dans des recours à des instances internationales, vu que la justice israélienne n’a pas tenu compte de nos appels », a déclaré à l’AFP le directeur du centre, Raji Sourani. Une organisation pacifiste israélienne, « Il y a une limite » (Yesh Gvoul), a appuyé cette démarche mettant en cause l’actuel chef d’état-major Dan Haloutz, commandant de l’armée de l’air en 2002, et son prédécesseur, l’ex-chef d’état-major Moshe Yaalon. « Comme tous nos appels à la justice israélienne pour poursuivre les deux généraux se sont avérés vains – les tribunaux usant de manœuvres dilatoires –, nous soutenons des recours à l’étranger », a déclaré un responsable, Yoav Hess. La Cour suprême d’Israël s’était bornée à enregistrer en 2004 les explications du général Dan Haloutz, sur le fait qu’il avait déclaré que le bilan du bombardement « ne l’empêchait pas de dormir ». Une autre organisation, le Comité contre la torture, réclame en vain à la justice israélienne depuis quatre ans de mettre hors la loi la pratique de « liquidations ciblées » d’activistes palestiniens et de les considérer comme « crimes de guerre ». « Des recours à l’étranger sont certes déplorables, mais la justice israélienne doit s’en prendre à elle-même, si des requérants s’adressent ailleurs, dans la mesure où elle a refusé de trancher », a estimé le chroniqueur juridique de la radio publique israélienne Moshe Negbi. Un spécialiste du droit international, Moshe Hirst, a estimé toutefois « improbable que la justice britannique ou d’un autre pays aille jusqu’à incarcérer des responsables israéliens » pour ces faits. Amnesty International a dénoncé à plusieurs reprises des opérations militaires lancées par l’armée israélienne dans la bande de Gaza, avant son retrait, rappelant que la « destruction injustifiée » des maisons de civils palestiniens constituait un « crime de guerre ». Marius SCHATTNER (AFP)
Des officiers supérieurs israéliens se retrouvent sous la menace de poursuites internationales pour des « crimes de guerre » alors qu’ils n’ont jamais eu à devoir rendre des comptes à des tribunaux en Israël. Pour calmer leurs inquiétudes, la ministre de la Justice, Tzipi Livni, a assuré hier que l’État « assurera la défense de toute personne poursuivie pour des actes commis » en son nom, notamment dans la répression de l’intifada. Elle s’est engagée publiquement à faire tout son possible pour « empêcher des poursuites judiciaires à l’étranger en convainquant les gouvernements de changer leur législation à ce sujet ».
Dimanche, sous la menace d’une interpellation, l’ancien commandant de la région sud d’Israël, le général de réserve Doron Almog, a préféré ne pas descendre d’avion à...