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Actualités - Opinion

trêve politique tacite, sauf brusque relance des radicaux

La période est agitée. Des rebondissements peuvent se produire à tout moment. Certains radicaux ont peut-être la possibilité de mettre le feu aux poudres. Mais, d’une manière aussi générale que tacite, les contacts développés entre majoritaires et minoritaires promettent une trêve politique jusqu’à la publication du rapport Mehlis. Ces pôles sont en effet d’accord pour estimer qu’il ne faut pas anticiper les conclusions judiciaires. Et que, par voie de conséquence directe, il serait prématuré d’ouvrir dès à présent la bataille de la présidentielle. D’autant qu’il ne faut pas se tromper de choix. Mais s’entendre sur des critères de sélection d’un président qui, dans un tel pays, doit nécessairement être consensuel. Sans quoi l’on plongerait le pays dans une crise institutionnelle dont il n’a que faire à un moment où il se trouve accablé de mille soucis socio-économiques. Nombre de personnalités modérées se sont rendues à Dimane pour souhaiter que le patriarche Sfeir appelle les forces politiques à des concertations, pour parer à la crise qui s’ébauche. Selon ces pôles, il s’agit de trouver d’abord un moyen de sortie honorable pour le régime. Afin d’éviter un départ abrupt qui, finalement, porterait atteinte à l’institution même. Le dialogue porterait également, et naturellement, sur les qualités requises au niveau du successeur. Toujours selon les mêmes personnalités, le Liban doit avoir à sa tête un homme vraiment capable d’opérer un redressement national sur tous les plans. Il faudrait d’abord, à leur avis, une première plate-forme d’entente au sein de la composante chrétienne, plus directement concernée par la question. Il y aurait ensuite débat avec la composante musulmane. Le tout en partant évidemment du principe premier qu’il faut engager le pays sur la voie d’une réforme générale effective. Sans se perdre en conflits d’intérêts et en querelles de clocher. Et sans marginaliser, tenir à l’écart, une partie des Libanais, minoritaires au sein du pouvoir ou opposants. En tout cas, soulignent ces sources, si l’on ne calme pas le jeu en attendant le rapport Mehlis, la transition, le départ éventuel du régime et son remplacement risqueraient de ne pas bien se passer. Et d’entraîner des secousses politiques dangereuses pour la stabilité intérieure, autant que préjudiciables en termes économiques, sociaux ou financiers. Cependant, il faut le souligner, le camp des durs, qui montent volontiers sur la brèche médiatique et se font beaucoup entendre ces temps-ci, affirme qu’on ne peut trop patienter. Ils consentent tout au plus à attendre jusqu’au rapport Mehlis. En soutenant que s’il fallait attendre plus longtemps, jusqu’au verdict final, la réforme et le changement seraient infiniment plus difficiles à initier. Ajoutant que ce jugement, dans une affaire aussi grave et complexe, pourrait bien ne pas être rendu avant que ne se termine le mandat prorogé du président Lahoud. Dont le maintien au pouvoir, selon eux, paralyse le pays, le bloque dans une crise permanente. Ces pôles veulent donc que l’on engage au plus vite les négociations sur la succession. Certains d’entre eux, des membres de Kornet Chehwane et du Bristol, ont d’ailleurs entamé des consultations tant avec le patriarche Sfeir qu’avec diverses forces politiques. On peut placer dans ce cadre les contacts que Walid Joumblatt entreprend avec Hassan Nasrallah. Pour voir comment on peut s’entendre sur une façon de traiter avec le régime, après les mandats d’arrestation affectant son équipe sécuritaire, comme disent les joumblattistes. Il est en effet important pour ces derniers, et pour d’autres, d’être fixés sur les positions du Hezbollah et du mouvement Amal. Certes, sayyed Nasrallah, comme les modérés cités plus haut, estime qu’il ne faut pas anticiper les conclusions de l’enquête. Mais après le rapport Mehlis ? Prendrait-il de suite position contre le régime, ou voudrait-il attendre le verdict final ? Pour les joumblattistes, une évidence s’impose : le chef de l’État étant déterminé à s’accrocher, on ne peut le pousser vers la sortie que par le blocus. Et à cette fin, le concours du tandem Hezbollah-Amal serait nécessaire, pour ne pas dire indispensable. Car ils assurent la couverture chiite requise pour un rejet qui se voudrait d’ordre national. Sans compter que sans leur ralliement, le gouvernement se retrouverait gravement divisé, avec des effets probables au niveau de la rue et de la stabilité intérieure. Émile KHOURY

La période est agitée. Des rebondissements peuvent se produire à tout moment. Certains radicaux ont peut-être la possibilité de mettre le feu aux poudres. Mais, d’une manière aussi générale que tacite, les contacts développés entre majoritaires et minoritaires promettent une trêve politique jusqu’à la publication du rapport Mehlis. Ces pôles sont en effet d’accord pour estimer qu’il ne faut pas anticiper les conclusions judiciaires. Et que, par voie de conséquence directe, il serait prématuré d’ouvrir dès à présent la bataille de la présidentielle. D’autant qu’il ne faut pas se tromper de choix. Mais s’entendre sur des critères de sélection d’un président qui, dans un tel pays, doit nécessairement être consensuel. Sans quoi l’on plongerait le pays dans une crise institutionnelle dont il...