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STRATÉGIES D’ENTREPRISES Paris désire interdire aux étrangers de prendre le contrôle de ses fleurons

Le gouvernement français passe à l’offensive pour protéger ses fleurons contre les OPA étrangères hostiles avec la publication prochaine d’une liste de secteurs jugés stratégiques, au risque d’être une nouvelle fois accusé de nationalisme économique. « Le code monétaire et financier a été récemment amendé pour permettre au gouvernement d’interdire une prise de contrôle dans des secteurs jugés stratégiques », a annoncé hier le ministre délégué à l’Industrie, François Loos, dans un entretien aux Échos. La protection de secteurs stratégiques, tels que la défense, est déjà assurée par les « golden shares » (droits spéciaux), ces dispositifs mis en place notamment par les États lors de la privatisation d’une société, pour y conserver une influence prépondérante sur les grandes décisions ou s’opposer à un rachat, par exemple dans le cas d’une OPA. Mais la nouvelle disposition viserait d’autres entreprises a priori moins stratégiques. Aucune indication sur les secteurs concernés n’a pour l’instant été dévoilée. L’annonce de M. Loos intervient alors qu’en juillet, des rumeurs d’OPA hostile de l’américain PepsiCo sur Danone avaient déclenché en France une levée de boucliers dans la classe politique. D’autres rumeurs évoquaient le rachat de Carrefour par Wal-Mart, et cette semaine celui du groupe français Eramet par la société minière brésilienne Companhia Vale do Rio Doce. Une polémique a de plus éclaté cet été sur l’intérêt des groupes étrangers pour les autoroutes françaises. Cet interventionnisme récurrent, dont Paris avait déjà fait preuve lors de l’OPA Sanofi-Synthélabo sur Aventis et du refinancement d’Alstom, cible potentielle de l’allemand Siemens, suscite agacement et critiques à l’étranger, mais aussi en France par la voix de patrons comme Patrick Ricard, PDG du groupe de spiritueux et vins Pernod Ricard. Pernod Ricard est devenu numéro deux mondial de son secteur après avoir racheté son concurrent britannique Allied Domecq pour 10,7 milliards d’euros. Lundi, la nouvelle annonce du gouvernement français n’a pas laissé indifférente la Commission européenne, qui a averti qu’elle serait vigilante et surveillerait l’évolution de ce projet.

Le gouvernement français passe à l’offensive pour protéger ses fleurons contre les OPA étrangères hostiles avec la publication prochaine d’une liste de secteurs jugés stratégiques, au risque d’être une nouvelle fois accusé de nationalisme économique.
« Le code monétaire et financier a été récemment amendé pour permettre au gouvernement d’interdire une prise de contrôle dans des secteurs jugés stratégiques », a annoncé hier le ministre délégué à l’Industrie, François Loos, dans un entretien aux Échos.
La protection de secteurs stratégiques, tels que la défense, est déjà assurée par les « golden shares » (droits spéciaux), ces dispositifs mis en place notamment par les États lors de la privatisation d’une société, pour y conserver une influence prépondérante sur les grandes décisions...