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Actualités - Chronologie

Énergie L’économie mondiale résiste à la spirale des cours du brut

L’économie mondiale a fait preuve jusqu’ici d’une belle résistance face à la spirale des cours du pétrole, mais le malaise croît face à un phénomène qui apparaît de plus en plus hors de contrôle. L’agitation grandit dans les pays consommateurs, où les médias se sont emparés du sujet, les usagers affichent leur ressentiment devant l’envolée des prix de l’essence et du fioul, et les gouvernements s’agitent, en dépit de marges de manœuvre le plus souvent limitées. Fait nouveau : les responsables politiques et monétaires n’hésitent plus à tenir un « langage réaliste » et à dire, à l’instar du Premier ministre français Dominique de Villepin ou de certains hauts responsables de la Réserve fédérale américaine, que cette situation va durer, souligne Antoine Brunet, chef économiste de HSBC CCF à Paris. Auparavant, « les banquiers centraux feignaient de penser que la hausse du pétrole était un mauvais moment à passer », rappelle-t-il. À l’heure actuelle, les experts rivalisent de prévisions plus ou moins menaçantes, pour certaines au-delà des 100 dollars pour le baril de brut d’ici à deux ans. Ils expliquent en substance au vu des fondamentaux très complexes du marché que l’actuel déséquilibre offre/demande ne pourra se résorber que par une hausse d’ampleur des cours. Le baril a pourtant déjà fait du chemin : les cours ont été multipliés par 3 depuis début 2002 et effleurent depuis quelques jours la barre des 70 dollars. Pour autant, les économistes se montrent dans l’ensemble plutôt rassurés par la résistance qu’a opposée l’économie mondiale à ce qu’on qualifie de plus en plus couramment de « troisième choc pétrolier ». « Jusqu’ici, les chiffres montrent que les économies ont plutôt bien résisté à l’envolée des cours du pétrole », estime Holger Schmieding, économiste de Bank of America. La flambée n’a pas cassé la croissance, mais l’a tout au plus « freinée », estime-t-il. Le président de la Fed Alan Greenspan a émis le même diagnostic pour l’Amérique, tout comme le Fonds monétaire international (FMI) pour l’Asie. Antoine Brunet, tout en tablant sur un baril à 75 dollars à la fin de l’année et 100 dollars fin 2006, ne croit pas davantage à une récession généralisée attribuable au pétrole. Selon lui, l’équilibre actuel, fondé en grande partie sur le boom des marchés immobiliers aux États-Unis et dans plusieurs autres pays occidentaux, devrait pouvoir être préservé dans un avenir prévisible grâce à la disposition favorable des marchés obligataires. « Il y a un phénomène d’enrichissement immobilier, boursier, obligataire. C’est le facteur qui permet de sauvegarder la croissance » y compris dans des économies moins dynamiques comme la France, où les chances qu’il s’agisse d’une bulle susceptible d’exploser sont minces, souligne-t-il. « Actuellement, nous sommes encore dans une situation où des marchés immobiliers en effervescence dans de vastes parties du monde compensent l’impact négatif des cours élevés du pétrole », renchérit Holger Schmieding. De fait, l’économie mondiale a cette fois la chance d’avoir réussi à éviter l’écueil de l’inflation, ce qu’elle n’avait pas su faire lors des deux précédents chocs pétroliers de 1973 et 1979/80, souligne Emmanuel Lechypre, responsable du Centre de prévisions de l’expansion, un centre d’analyse macroéconomique. Il existe bien sûr un « effet récessif », qui se manifeste en particulier sur le pouvoir d’achat des ménages, l’emploi et l’investissement des entreprises. Mais au final, le choc pétrolier tel qu’on le connaît actuellement est « un moindre mal », car il épargne à l’économie mondiale la remontée des taux qui serait certainement fatale au boom immobilier, explique-t-il : « Si on avait comme par le passé un choc inflationniste, alors ce serait la catastrophe absolue », prévient-il.
L’économie mondiale a fait preuve jusqu’ici d’une belle résistance face à la spirale des cours du pétrole, mais le malaise croît face à un phénomène qui apparaît de plus en plus hors de contrôle.
L’agitation grandit dans les pays consommateurs, où les médias se sont emparés du sujet, les usagers affichent leur ressentiment devant l’envolée des prix de l’essence et du fioul, et les gouvernements s’agitent, en dépit de marges de manœuvre le plus souvent limitées.
Fait nouveau : les responsables politiques et monétaires n’hésitent plus à tenir un « langage réaliste » et à dire, à l’instar du Premier ministre français Dominique de Villepin ou de certains hauts responsables de la Réserve fédérale américaine, que cette situation va durer, souligne Antoine Brunet, chef économiste de HSBC CCF à...