Les étrangers commencent à investir en masse dans les grandes banques chinoises, mais les experts se demandent si le mouvement va véritablement permettre de redresser un secteur plombé par la mauvaise gestion et les scandales.
« Cela prend du temps pour changer les choses radicalement », souligne May Yan, analyste de l’agence de notation financière Moody’s.
« Est-ce que les banques chinoises vont finalement prendre le bon chemin et devenir des entités commercialement viables ? C’est à voir », ajoute-t-elle prudemment.
Dernier accord en date conclu, celui entre la Royal Bank of Scotland (RBoS) et la Banque de Chine, la deuxième du pays.
La banque britannique a annoncé la semaine dernière qu’elle avait pris la tête d’un consortium comprenant également la banque d’investissements Merrill Lynch et le milliardaire chinois de Hong Kong Li Ka Shing, pour acquérir avec eux une participation de 10 % dans la banque chinoise, soit 3,1 milliards de dollars.
Cet accord survient après les entrées de Bank of America et Temasek (Singapour) dans le capital de la Banque de la Construction, troisième établissement commercial chinois.
HSBC, la plus grande banque du Royaume-Uni, forte de ses origines asiatiques (Hong Kong and Shanghai Banking Corporation, créée en 1865) a été la première à s’implanter l’an dernier en acquérant 20 % de la Banque de Communications, cinquième banque chinoise.
Même si pour l’heure les banques chinoises ne sont autorisées à ouvrir que jusqu’à 20 % de leur capital aux investisseurs étrangers (25 % pour un groupe d’investisseurs), les accords vont se multiplier, encouragés par le gouvernement, prédisent les experts.
Les dettes accumulées par les quatre grandes banques commerciales du pays et les malversations qui rythment leur vie quotidienne ne semblent pas effrayer les investisseurs.
Quelques jours avant que l’accord avec la Royal Bank of Scotland ne soit révélé, un ancien haut responsable de la Banque de Chine à Hong Kong était condamné à mort avec sursis pour corruption.
« Le seul pays au monde avec une telle croissance dans les 10 ou 20 ans, c’est probablement la Chine », insiste John Wadle, analyste bancaire chez la banque suisse UBS.
Mais, ajoute-t-il, pour que les banques chinoises deviennent vraiment des acteurs importants sur le marché mondial, il faut qu’elles se débarrassent de leurs mauvaises habitudes.
« Bien sûr que les banques doivent améliorer leur rentabilité et leur gestion (...) mais on parle d’un établissement (Banque de Chine) avec 14 000 succursales, ce n’est pas évident de faire appliquer une politique », tempère Mme Yan.
Les experts estiment notamment que les banques devraient être moins dépendantes de l’État et des centaines de millions de contribuables.
Le gouvernement a déjà injecté 22,5 milliards de dollars dans la Banque de Chine et la Banque de la Construction ainsi que 15 milliards dans la Banque Industrielle et Commerciale de Chine.
Le but est d’éponger les dettes avant l’ouverture totale du secteur à la concurrence étrangère fin 2006.
La mesure n’a pas été vaine, remarquent les observateurs.
« L’an passé, les banques chinoises ont bien réussi, avec de très hauts niveaux de bénéfices », dit Benny Zhang, analyste de l’institut Asian Banker Research.
D’autres experts jugent ces progrès artificiels car ne reposant essentiellement que sur la bonne volonté de l’État.
Dans le secteur bancaire chinois, « les performances financières sont faibles », déclare Mme Yan.
« Nous attendons une amélioration plus substantielle – et pas grâce à une intervention extérieure – avant de modifier leurs notations », ajoute l’expert.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les étrangers commencent à investir en masse dans les grandes banques chinoises, mais les experts se demandent si le mouvement va véritablement permettre de redresser un secteur plombé par la mauvaise gestion et les scandales.
« Cela prend du temps pour changer les choses radicalement », souligne May Yan, analyste de l’agence de notation financière Moody’s.
« Est-ce que les banques chinoises vont finalement prendre le bon chemin et devenir des entités commercialement viables ? C’est à voir », ajoute-t-elle prudemment.
Dernier accord en date conclu, celui entre la Royal Bank of Scotland (RBoS) et la Banque de Chine, la deuxième du pays.
La banque britannique a annoncé la semaine dernière qu’elle avait pris la tête d’un consortium comprenant également la banque d’investissements Merrill Lynch et le...