Il y a quelque temps, Mahmoud Abbas, le président palestinien, affirmait en substance, au sujet de l’éventuel désarmement des camps : « Nous ferons tout ce que l’État libanais jugera bon de faire. » Mais les cadres des camps, notamment Sultan Aboul Aïnayne (repris de justice condamné à mort par défaut, rappelons-le), se rebiffaient, proclamant que le désarmement est hors de question. C’est sur cette position que l’Autorité palestinienne vient de s’aligner, par la bouche de son envoyé, le ministre Abbas Zaki, membre du directoire du Fateh. Il a en effet déclaré hier que les camps ne désarmeront qu’après le retrait d’Israël des territoires arabes occupés, et après la disparition de tout danger israélien.
Cette position en flèche, Zaki a tenté de la nuancer. En affirmant que les dirigeants libanais se montrent compréhensifs à l’égard de la situation des Palestiniens. Pour ajouter que « la sécurité des camps est nécessaire face à la constante menace israélienne. Nous avons une amère expérience à ce propos », a-t-il dit, en allusion aux massacres de Sabra et Chatila en 1982. Enchaînant qu’il faut une commission mixte de sécurité libano-palestinienne, opérant à l’ombre et sous la couverture de la souveraineté libanaise. Précisant, dans cet esprit, que les Palestiniens ne tenteront pas de sortir des camps, d’aller combattre à la frontière, et cela par respect de cette souveraineté libanaise.
Après avoir répété qu’il est hors de question de désarmer les camps, Zaki a fait l’éloge de la Résistance libanaise, « seul élément, à son avis, de la force libanaise, face à un Israël qui possède le plus important arsenal militaire de la région ». Partant de là, et toujours à son avis, « c’est une faute que de demander le désarmement de la Résistance libanaise, tant qu’il reste une terre libanaise occupée, ainsi que des détenus dans les prisons israéliennes ».
Il a dès lors critiqué la légalité internationale, parce qu’elle ignore ses résolutions les plus importantes, alors qu’elle insiste pour l’exécution de la 1559. Cela, selon ses dires, uniquement « pour protéger la sécurité d’Israël ».
Zaki demande donc l’application des résolutions onusiennes concernant le conflit israélo-arabe, à savoir la 242 et la 338. Et il affirme que l’Autorité palestinienne reste attachée au droit de retour des réfugiés palestiniens, qu’elle s’oppose à leur implantation, tout en soulignant que cela ne doit pas signifier que le réfugié palestinien doit être traité comme un rebut de l’humanité. Zaki demande donc le respect des droits humains et sociaux des Palestiniens, en répétant que ce peuple, quelles que soient les circonstances et les épreuves, voudra toujours retourner dans la mère patrie. La priorité allant dans ce cadre, selon lui, aux Palestiniens installés au Liban.
Le ministre palestinien a tenu ces propos au cours d’une table ronde organisée par le comité de suivi de la campagne organisée en appui à la Palestine et à l’Irak. Débat tenu en présence de l’ancien ministre Béchara Merhej, de l’ancien député Bahaeddine Itani, du secrétaire général adjoint de la Fédération des avocats arabes, Omar Zein, du coordinateur de la campagne, Maan Bachour, et de diverses notabilités politiques, partisanes ou médiatiques, ainsi que de délégués de l’OLP et des organisations palestiniennes. Le mot d’introduction a été présenté par Jihad Khatib, membre du comité organisateur, qui a insisté sur les droits des réfugiés palestiniens, invitant les autorités libanaises à ouvrir un dialogue franc à ce sujet avec les responsables des camps. Qui, selon lui, respectent la loi libanaise et restent attachés au droit de retour.
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Cette position en flèche, Zaki a tenté de la nuancer. En affirmant que les dirigeants libanais se...