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Une technique au service de l’accouchement (photo)

Le monde de la grossesse et la venue d’un nouveau-né. À eux seuls, ces thèmes captivent l’attention. Mais saviez-vous que les différentes présentations du fœtus lors de l’expulsion ont des conséquences sur la forme du crâne du nouveau-né ? Les phases de l’accouchement avec leurs péripéties ont été ainsi décrites par M. Robert Nicault, physiothérapeute ostéopathe à Paris. « L’accouchement est une dynamique entre deux personnes : la maman et son bébé, explique M. Nicault. Le bébé est adaptable à ce phénomène du fait de sa plasticité et de la mobilité de ses os crâniens non soudés, alors que la maman l’est partiellement du fait de la relaxine, une hormone qui relâche l’ensemble de ses structures. » Planches commentées, schémas annotés, cartes non pas routières mais anatomiques des passages du bébé de l’utérus jusqu’au vagin de la mère, le processus d’accouchement est analysé d’un point de vue biomécanique sous toutes ses phases. Mais que vient faire l’ostéopathie dans tout cela ? Pour y répondre, il est important de comprendre les objectifs de cette discipline lors de l’accouchement, ainsi que son champ d’intervention. « Avant un accouchement, une prise en charge ostéopathique vise à améliorer le quotidien d’une femme enceinte en minorant ou en supprimant les douleurs qu’elle pourrait ressentir comme les pubalgies ou les lombalgies, souligne M. Nicault. Elle a également pour but de préparer la femme à accoucher dans les meilleures conditions. » Au cours de l’accouchement, une bonne mobilité des articulations du bassin est indispensable, notamment la mobilité de l’articulation pubienne, qui est à examiner. Celle-ci est en fait très sollicitée lors de l’expulsion du bébé puisqu’elle s’ouvre et se referme. Toute lésion ostéopathique à ce niveau, c’est-à-dire une restriction de la mobilité, serait source de complications. Une musculature abdominale trop déficitaire ou au contraire trop forte, comme dans le cas des femmes sportives de haut niveau, peut, elle aussi, poser un problème. « L’ostéopathie intervient à ce niveau pour faire en sorte que ces différents obstacles et difficultés soient sinon réglés du moins amoindris, afin de rendre cette expérience plus agréable pour la mère et moins traumatisante pour le bébé », affirme M. Nicault. En post-partum, l’ostéopathie a pour rôle de prévenir les conséquences et les problèmes auxquels se voit confrontée la mère à court terme qui englobent, en plus de la douleur, « des problèmes musculaires, des pubalgies, des fuites urinaires ou sphinctériennes, (…) ou encore des difficultés sexuelles, comme certains troubles de positionnement ». Encore une fois, « l’ostéopathie trouve sa place pour essayer de soulager les patientes ». Mais l’ostéopathie n’agit pas seule à ce niveau, puisqu’elle collabore avec la physiothérapie pour traiter l’ensemble de ces facteurs. « L’ostéopathie aide la physiothérapie à intervenir sur un terrain déminé au mieux », ajoute M. Nicault. Redonner aux tissus crâniens leur mobilité Quant au bébé, même lors d’un accouchement normal, les péripéties qu’il a à surmonter sont multiples. « Le passage de l’utérus jusqu’au vagin ne se fait pas en ligne droite, remarque M. Nicault. En fonction de l’orientation des différents détroits et des passages plus ou moins difficiles, des chevauchements, des “ impactions ” ou modifications des structures au niveau de la forme du crâne du bébé sont notés. » Tel un moule en argile entre les mains de l’artiste, le crâne du bébé lors de son passage vers le dehors se laisse sculpter par le corps de la mère. À la sortie, la forme du crâne de l’enfant peut paraître dysmorphique : une tête aplatie en arrière, un hémisphère droit plus oblique que le gauche… tout un tableau de formes de voûtes crâniennes qui peuvent surprendre l’entourage. Heureusement, « dans la grande majorité des cas, ces modifications ont une résolution spontanée dans les vingt-quatre ou quarante-huit heures qui suivent l’accouchement, rassure M. Nicault. Mais certaines de ces anomalies dysmorphiques peuvent perdurer sur le plan esthétique. Cela est souvent le premier motif de consultation d’un ostéopathe. » Sachant que l’enfant a un potentiel de correction spontané, « l’ostéopathie intervient non pas pour rapporter une correction physique ni pour remodeler la boîte crânienne, mais pour redonner aux tissus, dont la mobilité est restreinte, une bonne mobilité ». « Le travail ostéopathique s’exprimera alors par l’intermédiaire de gestes très doux qui visent à normaliser les chevauchements osseux, et à aider donc l’enfant dans sa propre correction. » Et M. Nicault de conclure : « Comme toute technique, l’ostéopathie a ses limites. Il n’existe pas de têtes symétriques parfaitement rondes. Nous avons tous à la naissance des têtes différentes. Or souvent les parents ont l’idée d’aller chez un ostéopathe parce qu’ils trouvent que la tête de leur petit ne ressemble pas à celle de son frère ! »
Le monde de la grossesse et la venue d’un nouveau-né. À eux seuls, ces thèmes captivent l’attention. Mais saviez-vous que les différentes présentations du fœtus lors de l’expulsion ont des conséquences sur la forme du crâne du nouveau-né ?
Les phases de l’accouchement avec leurs péripéties ont été ainsi décrites par M. Robert Nicault, physiothérapeute ostéopathe à Paris.
« L’accouchement est une dynamique entre deux personnes : la maman et son bébé, explique M. Nicault. Le bébé est adaptable à ce phénomène du fait de sa plasticité et de la mobilité de ses os crâniens non soudés, alors que la maman l’est partiellement du fait de la relaxine, une hormone qui relâche l’ensemble de ses structures. »
Planches commentées, schémas annotés, cartes non pas routières mais anatomiques des passages...