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Comment une lésion peut mener à la défaite d’un pongiste(photo)

Si l’on vous interroge sur la nature d’une lésion chez un joueur professionnel de ping-pong, vous penseriez sans doute à une atteinte à la main, au poignet ou encore à l’épaule. Mais le moins évident serait de suspecter un problème au bas du dos. Un problème bénin à priori, mais suffisamment pertinent pour mener son joueur jusqu’à la défaite. Tel a été le cas lors d’une demi-finale d’un championnat de tennis de table de haut niveau, en 2003, et qui a été l’objet d’une étude présentée par M. Fadi Dahdouh, physiothérapeute ostéopathe à Paris. C’est l’histoire d’un pongiste qui, malgré son professionnalisme, a été induit en erreur. Un faux mouvement provoque chez lui une lésion ostéopathique au cours du match. « En ostéopathie, nous sommes fascinés par la pureté des gestes techniques et biomécaniques des pongistes, souligne M. Dahdouh. Ces derniers peuvent subir un grand nombre de lésions tant traumatiques qu’ostéopathiques, c’est-à-dire une restriction de la mobilité, sans fracture, ni tendinite. » À l’appui de l’exposé, un ensemble d’images commentées, de vidéographies avec indications et explications concordantes, qui exposent le déroulement des mouvements et les mécanismes sur lesquels reposent les principes de base que doit respecter tout joueur professionnel de ping-pong. « Un pongiste de haut niveau doit respecter les règles suivantes : une bonne coordination gestuelle, une bonne mobilité et une rapidité dans le déplacement, un bon placement du corps derrière la table par rapport à la balle et un bon verrouillage lombaire, c’est-à-dire au bas du dos », explique M. Dahdouh. Une mauvaise réception de la balle Que s’est-il passé réellement avec notre joueur en 2003, lors de sa demi-finale? Pour répondre, il a suffi à M. Dahdouh d’observer et d’analyser avec pertinence le joueur sur terrain, en particulier le passage au cours duquel ce dernier effectue une mauvaise réception de la balle. « Notre joueur a en effet effectué un faux mouvement d’hyperextension lombaire après une mauvaise réception de la balle », constate M. Dahdouh. Son rival lui a tout simplement réceptionné une balle très rapide et surtout très proche du corps. Comme son retour était relativement trop lent, il n’a pas développé une rapidité et une mobilité corporelle suffisantes pour qu’il soit bien placé derrière la table. « Il était trop lent par rapport à la balle qui, elle, était trop rapide, observe-t-il. Nous remarquons surtout que le joueur n’a pas effectué un bon verrouillage lombaire, c’est-à-dire qu’il n’a pas bien verrouillé le bas du dos et stabilisé son tronc. » Sur un plan biomécanique, cela lui a coûté cher, car « suite à ce problème, il a eu mal au niveau lombaire et a été obligé d’évaluer sa gêne dès que les règles du jeu lui ont permis de le faire, c’est-à-dire à la pause ». On ne peut pas être sûr que cette lésion ostéopathique a été la cause directe de la perte du joueur à la fin du match. Mais, ce qui est certain, c’est que « son adversaire, ayant eu vent de sa gêne ou ayant remarqué ce point faible, n’a fait que lui passer des balles proches du corps et du coté atteint ». « En contrepartie, le joueur affaibli décide d’adopter la même stratégie que son adversaire, poursuit M. Dahdouh. Ce dernier respecte toutefois le verrouillage lombaire et laisse tomber la balle. Il a choisi de perdre une balle mais de ne pas perdre son dos. » Les questions qui se posent à ce niveau sont celles de savoir si un pongiste peut réellement être bloqué de cette façon. « Un joueur peut en fait souffrir fréquemment d’un blocage segmentaire du dos, explique M. Dahdouh. Lors du match, il a déjà mal au côté atteint mais c’est surtout le lendemain que sa douleur se fait réellement ressentir à ce niveau. » Ce « blocage » qui paraît anodin a priori peut gêner la précision des frappes de tout pongiste professionnel. Il lui provoque en fait des douleurs locales et des restrictions de mobilité du dos. « C’est ce qui s’est passé avec notre joueur, ajoute M. Dahdouh. Il n’a pas arrêté le match tout de suite. Il a été examiné et soigné durant la pause par un spécialiste et donc libéré de sa gêne. Notre pongiste revient alors à son jeu. Malheureusement, il perd sa demi-finale et se retrouve disqualifié. » « Il est important, insiste M. Dahdouh, de respecter l’un des principes de base de la discipline ostéopathique dans sa démarche thérapeutique et qui consiste à toujours penser à la globalité du traitement. Bien que l’intervention de l’ostéopathie sur le terrain soit nécessaire, elle n’est pas du moins suffisante. Il est donc indispensable d’avoir un suivi ostéopathique afin de remédier aux autres conséquences engendrées par cette lésion. »

Si l’on vous interroge sur la nature d’une lésion chez un joueur professionnel de ping-pong, vous penseriez sans doute à une atteinte à la main, au poignet ou encore à l’épaule. Mais le moins évident serait de suspecter un problème au bas du dos. Un problème bénin à priori, mais suffisamment pertinent pour mener son joueur jusqu’à la défaite. Tel a été le cas lors d’une demi-finale d’un championnat de tennis de table de haut niveau, en 2003, et qui a été l’objet d’une étude présentée par M. Fadi Dahdouh, physiothérapeute ostéopathe à Paris. C’est l’histoire d’un pongiste qui, malgré son professionnalisme, a été induit en erreur. Un faux mouvement provoque chez lui une lésion ostéopathique au cours du match.
« En ostéopathie, nous sommes fascinés par la pureté des gestes techniques...