Les dirigeants et les sportifs français ont exprimé hier une profonde déception, mêlée à une grande amertume, après la désignation de Londres au détriment de Paris pour l’organisation des Jeux olympiques de 2012.
Au-delà de la tristesse, le monde sportif français s’est presque unanimement interrogé sur les conditions de la défaite de Paris.
« Vous ne pouvez pas arriver avec un dossier qui est en tous points parfait, une dernière présentation qui fait pratiquement l’unanimité et un vote qui se déroule à peu près comme prévu et là, un couac au 4e tour avec le report de voix des pays latins pour Madrid qui vont sur Londres », a résumé Henri Sérandour, le président du Comité olympique et sportif français.
Le ministre des Sports, Jean-François Lamour, a lui souligné l’importance d’un rapprochement avec les fédérations sportives. « Il y a une incapacité à parler la même langue, a-t-il dit. Il faut porter un message permanent dans le monde du sport et de l’olympisme. »
Manières un peu spéciales
Sportifs ou hommes politiques français, tous ont pointé la campagne de lobbying orchestrée par Londres depuis le début de la session du CIO à Singapour.
« Hier (mardi), quand je montais dans ma chambre me coucher, il y avait des gens qui descendaient de rendez-vous successifs avec le Premier ministre Tony Blair et le patron de la candidature anglaise, Sebastian Coe, a raconté Bertrand Delanoë, le maire de Paris. Je n’avais pas compris que c’était ça. Moi, j’avais compris qu’il fallait le meilleur dossier, le meilleur état esprit, et je crois qu’une immense majorité du CIO a plutôt un peu pensé ça de Paris. »
« Ce n’est pas moi qui ai dit que les Anglais avaient parfois franchi la ligne jaune, a estimé le double champion olympique de judo David Douillet. Mais les membres du CIO ne sont pas aussi sensibles sur certaines choses qui se passent au CIO. »
« On voit bien que ce ne sont pas les arguments sportifs qui jouent, a lancé Bernard Amsalem, le président de la Fédération française d’athlétisme. Le côté géopolitique a dû l’emporter sur le sportif. »
« C’est une injustice que nous font les membres du CIO. C’est un affront à la France », a jeté, véhément, Francis Luyce, président de la Fédération française de natation.
« Je pense qu’il y a certaines valeurs olympiques et il y a eu des manières de fonctionner qui ont été un peu spéciales, a estimé Thierry Rey, champion olympique de judo en 1980. Maintenant, si dans notre monde c’est payant, la preuve on la voit aujourd’hui... »
Pas près de revoir
les Jeux en Europe
Cette troisième défaite de Paris, déjà écartée de l’organisation des JO de 1992 (Barcelone) et 2008 (Pékin), marque visiblement une rupture.
« Je pense qu’il va se passer un laps de temps avant que l’on soit candidat, soit aux Jeux d’été, soit aux Jeux d’hiver », a avancé Henri Sérandour.
Membre du CIO, Jean-Claude Killy, qui avait obtenu l’organisation des JO d’hiver en 1992 à Albertville, a appelé à la réflexion. « Maintenant, on va attendre que la poussière retombe, il faudra qu’on trouve des gens courageux pour se relancer dans une autre aventure comme celle-ci », a-t-il déclaré.
« Nous n’avons pas le droit de nous déchirer, il faut au contraire reprendre le collier. Mais ce sera difficile », a estimé Jean-Paul Huchon, le président de la région Île-de-France.
« Il faut viser d’autres objectifs, a avancé Jean-Luc Rougé, président de la Fédération française de judo. Il y a autre chose pour placer la France, comme l’Exposition universelle. »
« Il faut repartir, peut-être pas pour une nouvelle candidature car on n’est pas près de voir les Jeux revenir en Europe », a estimé Jean-François Lamo.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les dirigeants et les sportifs français ont exprimé hier une profonde déception, mêlée à une grande amertume, après la désignation de Londres au détriment de Paris pour l’organisation des Jeux olympiques de 2012.
Au-delà de la tristesse, le monde sportif français s’est presque unanimement interrogé sur les conditions de la défaite de Paris.
« Vous ne pouvez pas arriver avec un dossier qui est en tous points parfait, une dernière présentation qui fait pratiquement l’unanimité et un vote qui se déroule à peu près comme prévu et là, un couac au 4e tour avec le report de voix des pays latins pour Madrid qui vont sur Londres », a résumé Henri Sérandour, le président du Comité olympique et sportif français.
Le ministre des Sports, Jean-François Lamour, a lui souligné l’importance d’un rapprochement...