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FINANCES La Poste japonaise, la plus grosse Banque du monde, sera privatisée

La privatisation de la Poste japonaise, la plus grosse institution financière du monde, a été adoptée d’extrême justesse hier par les députés, une victoire majeure pour le Premier ministre conservateur Junichiro Koizumi qui a fait de ce projet la priorité numéro un de son mandat. Le projet prévoit une privatisation graduelle qui doit s’achever en 2017. Il se heurte à l’opposition de 72 % des Japonais, selon un récent sondage, et a semé la discorde au sein du Parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir. Sur les 250 députés du PLD, 37 ont voté contre le projet et 14 n’ont pas pris part au scrutin, bravant les menaces de « châtiment sévère » proférées le matin même par le gouvernement contre les éventuels dissidents. Au final, la privatisation a été adoptée par 233 voix contre 228. Un score étriqué qui augure de nouveaux débats passionnés pendant le passage de la réforme devant les sénateurs, dernière étape avant son entrée en vigueur. La Poste nippone gère quelque 355 000 milliards de yens (2 550 milliards d’euros) d’épargne et d’assurance vie, soit plus que l’ensemble des comptes courants et d’épargne des quatre principales banques du pays. Une énorme partie de cette manne est investie en bons du Trésor à faible rendement, ce qui permet à l’État japonais de financer son déficit budgétaire abyssal (5,25 % du PIB en 2004). Créée il y a 130 ans, la Poste a également servi dans le passé de machine géante à collecter des fonds pour les opérations militaires, surtout à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. À partir du 1er avril 2007, la Poste, qui emploie environ 270 000 personnes, sera divisée en quatre entités (épargne, assurance vie, courrier et administration du réseau de bureaux) coiffées par une maison mère détenue d’abord à 100 % par l’État, et qui cédera progressivement ses parts au secteur privé. En 2017, la Poste japonaise sera ainsi totalement privatisée. Les partisans de cette privatisation soutiennent qu’elle permettra d’orienter vers le secteur productif une grande partie de l’épargne des Japonais, qui sommeille aujourd’hui dans des comptes rémunérés à moins de 1 % par an, ce qui apportera une bouffée d’air frais à l’économie nationale. Mais ses détracteurs redoutent une dégradation de la qualité du service postal, auquel les Japonais sont particulièrement attachés. Nombre de banquiers et d’assureurs craignent, pour leur part, qu’une future poste privatisée se taille la part du lion sur leurs marchés, et déstabilise le secteur.

La privatisation de la Poste japonaise, la plus grosse institution financière du monde, a été adoptée d’extrême justesse hier par les députés, une victoire majeure pour le Premier ministre conservateur Junichiro Koizumi qui a fait de ce projet la priorité numéro un de son mandat.
Le projet prévoit une privatisation graduelle qui doit s’achever en 2017. Il se heurte à l’opposition de 72 % des Japonais, selon un récent sondage, et a semé la discorde au sein du Parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir.
Sur les 250 députés du PLD, 37 ont voté contre le projet et 14 n’ont pas pris part au scrutin, bravant les menaces de « châtiment sévère » proférées le matin même par le gouvernement contre les éventuels dissidents.
Au final, la privatisation a été adoptée par 233 voix contre 228. Un score étriqué...