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Syrie Gel des avoirs : Damas craint que Washington vise d’autres responsables

Le gel des avoirs de deux hauts responsables syriens par les États-Unis fait craindre à Damas l’extension de la mesure à d’autres personnalités du régime. « Le gel des avoirs des responsables syriens n’affecte pas l’économie syrienne, mais aucune personnalité syrienne n’est désormais à l’abri », craignent des sources proches du pouvoir à Damas, qui affirment en même temps ignorer si les deux responsables sanctionnés détiennent effectivement des fonds aux États-Unis. Washington a annoncé jeudi soir le gel des avoirs aux États-Unis du ministre syrien de l’Intérieur Ghazi Kanaan et du responsable des services secrets militaires, Rustom Ghazalé, qui ont tous deux été chefs des services de renseignements militaires au Liban. La mesure a été prise dans le cadre de la lutte antiterroriste. Elle interdit aux établissements américains toute transaction avec les deux responsables syriens. Washington avait auparavant renouvelé les sanctions économiques imposées en mai 2004 à la Syrie. Dans sa première réaction jeudi, l’agence officielle syrienne Sana, citant un responsable non identifié, avait affirmé que la mesure américaine avait « pour objectif d’intensifier les pressions » sur la Syrie et constituait une diversion « pour détourner l’attention des agressions israéliennes » au Liban-Sud. « En accusant la Syrie de terrorisme, Washington tente d’internationaliser son conflit avec la Syrie », a, pour sa part, estimé Imad Fawzi Chouaïbi, président d’un centre d’études stratégiques à Damas. « Les pays occidentaux veulent punir la Syrie pour n’avoir pas aidé » au désarmement du Hezbollah et des organisations palestiniennes au Liban, a-t-il ajouté. En réitérant leurs accusations contre la Syrie, les États-Unis montrent qu’ils ne veulent pas lâcher prise sur Damas, au moment « où ils s’enlisent de plus en plus » en Irak, estiment les autorités syriennes. Washington réclame de Damas de coopérer plus pour boucler sa frontière avec l’Irak, d’où, selon lui, s’infiltrent des « terroristes » qui renforcent les groupes armés irakiens en lutte contre l’occupation américaine. En signe de bonne volonté, la Syrie a annoncé récemment avoir renforcé la surveillance de sa frontière, longue de plus de 700 km, avec l’Irak. Un diplomate en poste à Damas, qui a requis l’anonymat, a cependant estimé que les États-Unis ne sont « pas disposés à coopérer avec la Syrie » sur cette question, comme ils en avaient eu l’intention il y a un an et demi. « Il existe une volonté américaine d’isoler la Syrie et de l’affaiblir », a-t-il affirmé. Paris a, de son côté, déclaré ne pas envisager « dans l’immédiat » de procéder au gel des avoirs de responsables syriens.

Le gel des avoirs de deux hauts responsables syriens par les États-Unis fait craindre à Damas l’extension de la mesure à d’autres personnalités du régime.
« Le gel des avoirs des responsables syriens n’affecte pas l’économie syrienne, mais aucune personnalité syrienne n’est désormais à l’abri », craignent des sources proches du pouvoir à Damas, qui affirment en même temps ignorer si les deux responsables sanctionnés détiennent effectivement des fonds aux États-Unis.
Washington a annoncé jeudi soir le gel des avoirs aux États-Unis du ministre syrien de l’Intérieur Ghazi Kanaan et du responsable des services secrets militaires, Rustom Ghazalé, qui ont tous deux été chefs des services de renseignements militaires au Liban.
La mesure a été prise dans le cadre de la lutte antiterroriste. Elle...