Le troisième groupe pétrolier chinois CNOOC a lancé une formidable opération de lobbying aux États-Unis pour s’assurer le rachat du géant américain de l’exploration pétrolière Unocal, âprement convoité par ChevronTexaco.
Lettre du PDG Fu Chengyu aux membres du Congrès américain, envoi de représentants pour discuter avec Unocal moins d’une semaine après avoir offert 18,5 milliards de dollars en cash pour l’acquérir, site Internet consacré à la transaction : les responsables de la China National Offshore Oil Corporation (CNOOC) ont multiplié les initiatives en tout genre ces derniers jours.
En face, plusieurs élus américains sont montés au créneau réclamant une enquête sur le plan de la sécurité nationale de la part de la commission chargée d’examiner les investissements étrangers aux États-Unis. Le dossier des ressources pétrolières américaines est un dossier particulièrement sensible, surtout s’il s’agit de vendre un groupe à une société d’État chinoise.
Les autorités américaines de réglementation, de leur côté, semblaient faire pression pour une conclusion rapide du rachat d’Unocal par le géant pétrolier ChevronTexaco, dont l’offre, faite en avril, est inférieure de 1,5 milliard de dollars à celle des Chinois.
Après le feu vert de la Commission américaine de la concurrence (FTC) le 10 juin, le gendarme de la Bourse (SEC) a donné son aval mercredi au rachat d’Unocal. Et dans la foulée, ce dernier annonçait la date du 10 août pour le vote des actionnaires sur la transaction américano-américaine.
Aussi les responsables de la CNOOC ne lésinent-ils pas sur les moyens pour convaincre que leur offre est « amicale et ouverte » comme l’a exprimé le PDG dans sa lettre adressée lundi aux élus du Congrès.
Non seulement le PDG s’y dit favorable à une enquête de sécurité américaine à laquelle le groupe est prêt à coopérer pleinement, mais, en plus, il promet de garder pratiquement tous les emplois (6 800 dans le monde) d’Unocal, dont le siège est à El Segundo en Californie.
À l’heure des craintes accrues de délocalisation des emplois américains vers les pays à bas coûts salariaux, le patron chinois prend notamment le soin de préciser qu’il maintiendra les emplois aux États-Unis.
Par ailleurs, alors que le prix du baril de brut tourne autour des 60 dollars, M. Fu Chengyu rappelle que son groupe s’est « engagé à ce que, en cas de conclusion du rachat, pratiquement tout le pétrole et le gaz produits par Unocal aux États-Unis continuent d’être vendus aux États-Unis ».
« Il est important de noter que la production d’Unocal aux États-Unis représente moins de 1 % du total de la consommation de gaz et de pétrole américain », insiste-t-il dans sa missive aux élus.
La lettre du PDG et d’autres communiqués sont publiés par le groupe chinois sur un site Internet créé pour l’occasion (www.transactioninfo.com).
Mardi, à peine cinq jours après l’annonce de la contre-offre chinoise, des représentants du groupe CNOOC se sont rendus à New York pour y rencontrer leurs homologues d’Unocal, dans les locaux du cabinet d’avocats de ce dernier, afin de les convaincre de laisser tomber Chevron pour une transaction en leur faveur.
Mercredi, les discussions continuaient, selon une source proche du groupe chinois ayant requis l’anonymat. « Les deux parties sont toujours en train de discuter », a indiqué cette source sans pouvoir donner d’indication ni sur la teneur ni sur la durée de ces pourparlers.
Un porte-parole d’Unocal refusait, par contre, tout commentaire sur le dossier.
Enfin, les Chinois ont engagé des entreprises spécialisées dans les relations publiques à New York et Washington pour servir de relais et tenter de rassurer sur leurs intentions.
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Lettre du PDG Fu Chengyu aux membres du Congrès américain, envoi de représentants pour discuter avec Unocal moins d’une semaine après avoir offert 18,5 milliards de dollars en cash pour l’acquérir, site Internet consacré à la transaction : les responsables de la China National Offshore Oil Corporation (CNOOC) ont multiplié les initiatives en tout genre ces derniers jours.
En face, plusieurs élus américains sont montés au créneau réclamant une enquête sur le plan de la sécurité nationale de la part de la commission chargée d’examiner les investissements étrangers aux États-Unis....